La Nouvelle Tribune

La jeunesse de Bantè veut tourner le dos à Yayi

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Ce n’est plus le parfait amour entre le président Boni Yayi et la commune de Bantè. A l’instar de plusieurs autres communes, le « pays du pacte de sang » se sent délaissé par le régime du changement. Depuis quelques jours, la jeunesse de cette commune réunie au sein du groupe Vision 2015 s’insurge contre cet état de chose et menace même de tourner la page Yayi, dans les jours à venir.

La contestation anti-Yayi gagne de plus en plus de terrain dans les fiefs naturels de la mouvance présidentielle. Après Parakou, c’est la commune de Bantè qui s’invite dans la danse. Ici, c’est le mouvement politique dénommé Groupe Vision 2015 qui porte le flambeau de cette contestation. Et comme partout ailleurs, c’est le non respect des promesses faites par le Chef de l’Etat qui est en cause. En effet, depuis l’arrivée du président Boni Yayi  au pouvoir, Bantè est le parent pauvre de la mouvance présidentielle. Selon ces jeunes, le président Yayi n’a jamais été en visite officielle dans leur commune et n’a pas non plus reçu en audience les filles et fils de cette commune comme d’autres communes l’ont bénéficié depuis 2006. Le comble, c’est qu’en dehors du Fonds d’appui au développement des communes (Fadec) dont presque toutes les communes ont bénéficié, Bantè n’a pas bénéficié des nombreuses réalisations du régime. « Pas d’écoles, d’hôpitaux et de pistes de déserte rurale construits à Bantè depuis 2006 », dénoncent les jeunes de Vision 2015.Et comme si tout ceci ne suffisait pas, les jeunes de la commune ont été laissé sur le carreau, abandonnés à leurs sorts et mis à l’écart des nombreux programmes et projets initiés par le gouvernement pour favoriser l’insertion professionnelle des jeunes. Conséquence, les chômeurs se comptent par milliers dans cette commune qui a pourtant  lutté pour l’avènement de Boni Yayi au pouvoir et qui pendant les élections législatives de 2007 et communales de 2008 ont accordé leurs suffrages aux différentes listes Fcbe. Le Groupe Vision 2015 qui a soutenu Yayi sur toute la ligne mais menace de tourner définitivement dos à Yayi et de faire une autre expérience politique. Grégoire Laourou, président de l’Union pour la majorité présidentielle plurielle(Umpp), originaire lui aussi de cette commune, a tout récemment proclamé le soutien sans faille de sa commune au président Yayi et à la Lepi. Il camouflait ainsi le malaise de sa commune qui file progressivement entre les doigts de Boni Yayi.