La Nouvelle Tribune

Nago dresse un bilan sommaire des 4 ans de la législature

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A la suite du rendez-vous manqué du 26 octobre dernier lors de l’ouverture solennelle de la seconde session ordinaire de l’année 2010, les députés se sont retrouvés hier pour une seconde fois pour sacrifier à la tradition de cette ouverture de la session ordinaire. Comme la dernière fois, à peine une vingtaine de députés de l’opposition comme de la mouvance ont répondu présents à l’invitation de Mathurin Nago. Et comme le règlement intérieur le recommande, même sans le quorum, l’ouverture peut être faite. C’est à cet exercice que le président Mathurin Nago consacré hier à l’hémicycle. Mais au cours de son message, le président Mathurin Nago n’a pas manqué de faire un bilan sommaire des quatre années de la présente législature.

Après une minute de silence en mémoire des personnes décédées au cours des dernières inondations dans notre pays, le président Mathurin Nago donnera un avant goût du bilan des quatre années de la 5è législature. A en croire ses propos, c’est une rencontre dépourvue de la solennité qu’on voulait lui donner. Et selon lui, c’est une session ordinaire qui s’ouvre dans une ambiance de remous politiques. Toutefois, le président Nago dira qu’ils s’acheminent inexorablement vers la fin de leur mandat. Selon Nago, au cours de cette législature, de nombreux résultats ont été enregistrés malgré les périodes tumultueuses vécues à travers des actes et des images peu glorifiant. Notamment 120 lois votées couvrant tous les domaines de la vie socio-économique de notre pays, dépassant ainsi de loin la production de plusieurs législatures antérieures. Cette productivité serait plus significative si les absences chroniques de certains collègues et les grands retards devenus habituels chez d’autres ne réduisaient pas fréquemment le temps de travail. Il a précisé même que des collègues sont traités de « députés fantômes »Par rapport aux prérogatives constitutionnelles des députés, Nago précisera que s’agissant du contrôle de l’action gouvernementale, de nombreuses questions posées au gouvernement ont été traitées, surtout les questions liées à la gestion des affaires publiques dans notre pays, à l’insécurité des biens et des personnes et autres. Aussi le gouvernement a été interpelé sur plusieurs sujets importants et des commissions d’enquêtes parlementaires et de contrôle ont été constituées. Le président Nago n’a pas manqué d’évoquer les descentes fréquentes des députés sur le terrain aux côtés des populations à travers la tournée nationale initiée et en septembre et octobre derniers où des équipes se sont rendues dans les localités inondées pour soutenir les populations sinistrées. En ce qui concerne le plan international, le président Mathurin Nago dira que le parlement béninois a joué un grand rôle et a pris part à des nombreuses rencontres internationale, ce qui a permis d’occuper d’importants postes dans des institutions internationales. Nago a évoqué également l’organisation de nombreux séminaires et colloques ce qui démontre la vitalité du parlement béninois. Pour finir, il a souhaité que ces efforts se poursuivent avec la 6è législature. Après avoir parlé de l’amélioration des conditions de travail du personnel administratif, le président de l’Assemblée nationale a réitéré sa reconnaissance à l’endroit des partenaires techniques et financiers pour leur soutien constant. Pour finir, le président Nago demandera au gouvernement de poursuivre le dialogue avec les partenaires sociaux. Les dossiers « Urbain Dangnivo et la Lépi » n’ont pas été occultés par le président de l’Assemblée nationale. Pour le premier dossier, il a précisé que c’est un problème que le gouvernement doit prendre à bras le corps et par rapport au second dossier, Nago a déclaré que la Lépi est un outil nécessaire et indispensable pour notre pays. Selon lui, ceux qui pensent aujourd’hui que cette Lépi peut les desservir peut leur être utile demain. Pour terminer, le président Nago a exhorté ses collègues à plus d’efforts au cours de cette session ordinaire qui s’ouvre et aussi à l’apaisement pour une bonne rentabilité et aussi pour la paix dans notre pays. Précisons que les députés vont se retrouver dans les tous prochains jours sur convocation du président Nago pour examiner et adopter les points inscrits à l’ordre du jour de la session ordinaire et son dernier rapport d’activités.

 

Réactions de quelques députés

Léon Comlan Ahossi

Lors de la cérémonie manquée du 26 octobre dernier, je n’étais même pas au pays, surtout si j’y étais cela ne me paraissait pas urgent puisque généralement le premier jour on ne fait rien. Si c’est pour venir assister à la parade ce n’est pas essentiel. Mais j’ai écouté un peu le discours du président ce jour là, le commentaire qu’il a fait ne m’a pas plu parce que les problèmes qui se posent à l’Assemblée nationale, il ne faut pas les chercher dans les siècles qui sont passés, Voltaire et autres. Je pense qu’il faut chercher dans la réalité de tous les jours. Il est arrivé un moment en 2007 où nous étions 52 députés dans la mouvance présidentielle, mais aujourd’hui c’est à peine 30 donc l’ouverture manquée de la session budgétaire me fait douter encore de ce nombre. Pourquoi ça a régressé encore il faut s’interroger et je crois que c’est là que l’intelligence devrait intervenir. Voltaire et autres n’ont pas besoin de venir au secours pour nous faire travailler notre intelligence. La seconde chose ce ne sont pas les députés de l’opposition qui sont absents alors est-ce que la descente aux enfers continue dans le rang de nos amis Fcbe ? Moi je pense que l’intelligence a changé de camp, la puissante mouvance présidentielle est aujourd’hui réduite à une peau de chagrin pour des raisons que je connais, qu’il connait que tout le monde connait. Mais pour ce qui est du discours d’hier, j’ai constaté qu’il continue d’avoir des amertumes. Je le comprends c’est en droite ligne de l’ouverture manquée. Il a parlé tout à l’heure des députés absentéistes, c’est vrai il a raison, mais est-ce que le règlement intérieur de l’Assemblée nationale prévoit quelque chose dans ce sens ? Si oui, ce n’est pas à Ahossi d’appliquer ce que le règlement intérieur prévoit. Il a dit que notre population a besoin du développement, de la paix, oui. Si cette législature n’était pas composée de braves députés qui se sont battus et qui ont résisté au changement qui voulait avaler toutes les institutions, je crois que notre pays serait devenu un pays comme Rpt, Rpr. Je pense qu’il faut saluer les députés de la 5è législature même si nous n’avons pas voté beaucoup de textes, même s’il y a eu des zones de turbulences.

Sacca Fikara, 1er questeur

Le boycott a commencé le jour où les députés dans leur grande majorité ont remarqué que le président de l’Assemblée nationale a posé des actes qui enlèvent à l’Assemblée nationale toutes ses prérogatives, son indépendance. C’est le jour où les députés ont remarqué que le président met son institution au service de l’exécutif, c’est le jour où les députés dans leur grande majorité ont remarqué que le président de l’Assemblée nationale a fait un hold up dans la désignation des quatre membres de la Cour constitutionnelle. Tout a commencé là. A partir de cet instant, on s’est dit, il est le chef de l’institution et il lui enlève toutes ses prérogatives. Puis on n’a l’impression que nous sommes commandés par l’exécutif et que la Cour constitutionnelle légifère à notre place. Voilà les députés sont fâchés contre leur président.

Nous venons d’assister à l’ouverture officielle de la 2è session ordinaire de l’année 2010, la session qui va se consacrer à l’étude du projet de budget de l’Etat gestion 2011. Et lorsque vous suivez attentivement ce discours, vous retenez, en tout cas, en ce qui me concerne, le président de l’Assemblée nationale a mis l’accent sur le travail abattu au cours de cette mandature. En ce qui concerne le vote des lois, le président a donné des chiffres, nous sommes allés au-delà de 120 lois votées, battant ainsi le record de plusieurs autres législatures. Le président a mis l’accent sur ce que nous avons pu faire par rapport aux interpellations du gouvernement, il a mis l’accent sur ce que nous avons pu faire en quittant notre siège à Porto-Novo pour aller à la rencontre de nos populations, de nos mandants. Le président a également mis l’accent sur les grandes questions qui agitent le pays aujourd’hui en invitant nous députés à nous mettre à la hauteur pour que nous contribuons à apaiser les uns, ramener les autres par rapport à ces grandes questions notamment la Lépi, l’affaire Dangnivo, etc, etc. C’est des questions qui agitent aujourd’hui l’opinion publique, toutes les catégories de couches socio professionnelles. Au lieu d’allumer d’avantage le feu, le président a invité chacun des députés à faire preuve de hauteur afin de contribuer à la paix dans notre pays. Le président a aussi mis l’accent sur les mauvais comportements que nous avons, ceux que nous devons également laisser, absentéisme, etc. pour que nous cultivions d’autres vertus pour terminer en beauté ce qui reste, surtout l’examen de ce budget 2011, pour que nous amenons les populations à oublier tout ce que nous avons faits d’anormal au cours de cette législature, au cours de notre mandat. Je pense que c’est un discours rassembleur, d’apaisement, d’invite au travail bien fait.

Amissétou Affo Djobo, 2è secrétaire parlementaire

C’est un bon discours sans aller dans les détails, le président de l’Assemblée nationale a fait le point des quatre années passées au parlement. Malgré les tumultes et les prises de positions politiques, il y a eu une productivité encourageante. Il a parlé de plus de 120 lois votées depuis le début de la législature, dépassant parfois même la productivité d’autres législatures, il a parlé des prérogatives constitutionnelles des députés, les enquêtes parlementaires, les nombreuses descentes effectuées sur le terrain et autres. Je pense que c’est un bilan élogieux. En ce qui concerne son discours, c’est un discours d’apaisement et qui recentre les débats au sein de l’institution parlementaire. Il a invité la classe politique pour un retour au consensus. Bien sûr, le président de l’Assemblée nationale a parlé de l’absentéisme de certains collègues, j’ai constaté que le député béninois s’est donné beaucoup de liberté, c’est ce qui explique l’absence de certains collègues. Il y va de la vitalité de notre démocratie. Mais ils faut dire toutefois que ces absences répétées ce n’est pas trop bon aussi pour l’image de notre institution. Comme on le dit, trop de démocratie tue aussi la démocratie. Je pense que, nous ne pouvons pas trop en vouloir au président de l’Assemblée nationale parce que tel que c’est parti bau début, il lui était difficile de ramener la balle à terre. Je pense que le gouvernement et l’Assemblée nationale ne sont pas deux institutions antagonistes mais elles se complètent. C’est que le président Nago n’a pas eu la chance d’avoir un gouvernement qui écoute le parlement. Le président Nago en lui-même, ce n’est pas un problème. Les deux institutions doivent se compléter, doivent se tenir la main dans la main si on veut vraiment le développement de ce pays. Par rapport au travail abattu par cette législature, nous ne pouvons pas dire qu’elle médiocre. Nous avons conscience que nous avons une population qui nous attend pour des comptes.