La Nouvelle Tribune

Me Magloire Gnansounou rame à contre courant

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Un discours caduc, truffé de contrevérités, mal inspiré, dénudé d’arguments capables de convaincre le plus sot des béninois.  C’est une véritable salade de mauvais goût que Me Magloire Gansounou a servi aux téléspectateurs de Golf Tv dimanche dernier. Comme un avocat du diable, le président du Parti communiste  marxiste léniniste du Bénin (Pcmlb) a tenté de protéger les turpitudes du régime Yayi et s’est  vertement attaqué au Fdd et à l’opposition.

Pour lui, la Lepi est le seul instrument qui peut empêcher la fraude et même si elle est conduite dans la précipitation, elle vaut mieux que tout. Aussi invite-t-il  la Cps-Lepi et la Mirena à foncer. La qualité de la Lepi importe peu pour lui. Un  discours qui contraste bien avec celui d’un avocat de son rang, président d’un parti qui se réclame « communiste » et dont on connaît le rigorisme. Ce qui est paradoxale  de la part d’un communiste qui encourage un pouvoir à agir contre le gré des populations. Sur l’affaire Dangnivo, sa position laxiste et indigne est bien aux antipodes de celle d’un communiste puisqu’il trouve que l’opposition a voulu en faire ses choux gras pour pousser le peuple à l’insurrection. Bafouant ainsi la mémoire du disparu, il en rajoute à la douleur de la famille. Une curieuse attitude pour le Chef d’un parti qui lutte contre la dictature. Enfin, il a cru devoir  ébranler le Front pour la défense de la démocratie(Fdd) qu’il qualifie de regroupement hétéroclite, composé de gens qui ne doivent jamais s’asseoir ensemble et que rien ne devait unir. Pour Me Gansounou, le monde n’a plus évolué depuis les années 1990. Les hommes devaient se regarder toujours en chiens de faïence.  Il s’est usurpé un mauvais titre d’avocat du président Soglo poignardé, selon lui,  dans le dos par Houngbédji alors que c’est ces deux hommes politiques filent le parfait amour aujourd’hui. On devine aisément le genre de société et de gouvernance que le bouillant avocat veut offrir au peuple béninois s’il parvenait au pouvoir. Une gouvernance sans pardon, où la paix est fortement mise en péril par les déclarations belliqueuses. C’est le plan de Me Gnansounou pour l’avenir du Bénin. C’est vrai qu’il ne faut pas perdre de vue que le président du Pcmlb a rompu les amarres avec le Pcb. Est-ce parce qu’il ne pouvait pas pardonner ? Me Gnansounou assimile le Fdd à un front de défense de la dictature. C’est étrange qu’un militant de la liberté reconnu comme tel, un communiste qu’on croyait bon teint puisse penser qu’il n’y pas péril en la demeure alors même que les libertés démocratiques et syndicales élémentaires sont bafouées. A entendre Me Gnansounou, la démocratie n’est nullement en danger et que l’objectif des opposants au régime Yayi est de créer une psychose généralisée dans le pays. Il appuie d’ailleurs que Yayi est un moindre mal par rapport à ceux qui veulent aujourd’hui conquérir le pouvoir. Il est clair que le discours de l’ancien militant Pcb ne souffre d’aucune ambiguïté désormais. Seulement on est surpris qu’il n’ait pas encore déposé sa valise chez les Fcbe. Qu’attend-t-il ?