La Nouvelle Tribune

Les actes qui trahissent le discours

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En prenant les commandes du parti Union pour le développement du Bénin nouveau (Undb) dimanche dernier, Pascal Irénée Koupaki a surpris plus d’un. La surprise est encore plus grande avec le discours que l’homme a tenu.

Dans son allocution de nouveau président de l’Udbn, en effet, Pascal Irénée Koupaki présente sa formation politique comme celle de la rupture. La rupture, un mot qui fait tiquer. Peut-on alors être un parti de la mouvance présidentielle et parler de rupture ? Peut-on être la cheville ouvrière d’un système et parler de rupture tout en étant à la manœuvre ? Nul n’ignore que parmi les rares ministres qui ont fait tous les gouvernements de Boni Yayi depuis le 06 avril 2006, se trouve Koupaki. Mieux, il est demeuré ministre d’Etat. Autrement, le N° 2 du gouvernement. Par conséquent, toute la politique et la gestion de Boni Yayi le concernent. Alors, comment veut-il parler aujourd’hui de rupture s’il a participé à cette manière de gérer. D’ailleurs, c’est lui le sapeur pompier de service au niveau du gouvernement. Sur les grands dossiers, les grands scandales et certaines affaires scabreuses qui ont éclaboussé le régime en place, c’est lui qui prend le devant, et fort de son image d’homme intègre, débite un discours que les populations  gobaient. Mais depuis quelques temps, elles refusent d’avaler la couleuvre vivante surtout en ce qui concerne le dossier Icc Services. Normalement, le ministre d’Etat Pascal Koupaki est dans une posture qui ne l’autorise guère à parler de rupture. Puisque plus que par le passé, la gestion du régime auquel il appartient est la plus décriée. Avant de parler réellement de rupture, cela devrait d’abord s’opérer par sa démission du gouvernement. Or, il appartient toujours à l’équipe gouvernementale. Ce qui veut dire que son discours est en déphasage avec ses actes. L’autre option qui s’offrait au néo président de parti politique est de se battre pour faire changer les choses de l’intérieur. Toutes choses qu’il n’a pas réussi à faire. Sinon,  on n’aurait pas ce bilan jonché de multiples scandales les plus inimaginables les uns que les autres.

{mosgoogle}Dans la même optique, Pascal Irénée Koupaki parle de la nécessaire restauration de l’éthique et de l’adoption d’une échelle des valeurs. Des propos qui sonnent à la limite creux. Car, non seulement s’il était réellement convaincu de cette impérative restauration des valeurs, il aurait rejoint Célestine Zanou, pionnière dans ce combat. Mais aussi aurait-il quitté le navire du changement. A titre illustratif, c’est le régime du changement qui a le mieux instrumentalisé les populations à travers des marches rémunérées afin qu’elles déclarent leur soutien urbi et orbi aux actions du chef de l’Etat quand bien même ces actions sont dans la tendance négative. C’est sous le régime auquel il appartient que l’argent a le plus circulé pour acheter les consciences, les chefs traditionnels, les responsables de couvents, les confessions religieuses.  Il ne le sait peut-être pas, mais tous ceux qui ont participé au congrès extraordinaire au cours duquel il a été porté à la tête du parti, y étaient-il par pur militantisme ? Sont-ils venus par leurs propres moyens de déplacement ? Koupaki devrait avoir mieux à proposer aux Béninois si seulement il n’appartenait plus au régime de Boni Yayi, s’il n’avait pas joué le rôle qui est le sien dans le système Yayi. Mais il est toujours ministre d’Etat chargé de la coordination de l’action gouvernementale. Un poste qui le met au cœur de la gestion même du gouvernement et qui ne donne aucun crédit à son discours.

Benoit Metonou