La Nouvelle Tribune

Enregistrement des données biométriques Dans l’Ouémé/Plateau

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Troisième phase, troisième grand cafouillage
Et de trois pour la Lepi. Lancée depuis quelques jours, la troisième phase de la mise en œuvre de la Liste électorale permanente informatisée(Lepi), celle de l’enregistrement des données biométriques  est sur les traces des deux premières. Contrairement à ce qu’ont semblé annoncer les responsables de la Cps, les difficultés sont légion et laissent soupçonner un sabotage organisé dans les départements de l’Ouémé et du Plateau majoritairement acquis à l’opposition.

On prend les mêmes erreurs et on recommence. Depuis que la mise en œuvre de la Lepi a commencé,  c’est toujours les mêmes griefs contre le processus. Précipitation dans le déroulement des travaux, manque d’outils de travail, démotivation des acteurs, travail bâclé. Mais en plus de ces erreurs constatées au niveau des deux premières phases, la Cps en a rajouté une autre qui est le manque de sensibilisation. Or, elle est censée savoir que cette dernière phase, importante pour la mise en place de la Lepi demande plus de contraintes pour les populations et donc plus d’information. En effet, à cette phase, il est demandé aux populations de se déplacer vers les lieux de recensement souvent bien éloignés des concessions mais surtout pas souvent connus par elles. La Cps a attendu le lancement des opérations avant de chercher  associer les élus locaux et les autorités communales à la mobilisation des populations. Ce qui aggrave les choses, c’est la crue du fleuve Ouémé et de ses affluents. Beaucoup de villages sont sous l’eau et  les opérations d’enregistrement des données biométriques n’y sont pas possibles. Les voies d’accès et les centres de collecte sont pour la plupart inaccessibles. Conséquence de ce lancement à la hâte, le taux d’enregistrement est très faible et selon des informations concordantes, c’est beaucoup plus les enfants qui ont entre 12 et 18 ans qui sont les plus nombreux.  

{mosgoogle}Au niveau pratique, c’est le comble. Au tollé des agents recenseurs qui réclament des conditions de travail meilleures se sont ajoutées les défaillances techniques des kits et les irrégularités graves notées dans le déroulement des opérations. La tournée effectuée par une délégation de l’Union fait la Nation dans les départements de l’Ouémé et du Plateau a permis de révéler de nombreuses irrégularités consignées dans un constat d’huissier. Entre autres, la délégation de l’Un conduite par son président Bruno Amoussou a noté que beaucoup d’opérateurs de kit n’ont pas pris service,  qu’ils ne sont pas bien formés en majorité, que des kits sont mal chargés, qu’ils en manquent 114 pour les deux départements …. Décidément, la Lepi  n’est pas guérie de ses maladies de jeunesse. Si ce n’est une malédiction, cela y ressemble bien.

Marcel Zoumènou