La Nouvelle Tribune

Lepi: à la recherche d’un nouveau consensus politique

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Comment faire pour conduire le processus de la Lepi à terme ? Telle est la grande préoccupation qui est au cœur d’une journée de réflexion qui  s’est tenue hier au Palais des congrès de Cotonou. La cérémonie officielle d’ouverture a connu la présence effective du ministre chargé des relations avec les institutions  Zakary Baba Body, du superviseur de la Commission politique de supervision (Cps-Lepi ) Nassirou Bako Arifari et de la présidente de la Mission indépendante pour le recensement nationale approfondi (Mirena)  Rafatou Bachabi.

Hommes politiques, acteurs de la société civile, membres du cadre de concertation des confessions religieuses et experts ont pris part aujourd’hui à la journée de réflexion organisée pour se pencher l’avenir de la Lepi. Depuis le démarrage du processus, la Lepi a connu diverses fortunes. Souhaitée à l’unanimité des députés, sa mise en œuvre a été très malaisé et depuis le processus est  constamment mis à mal par les contestations et les nombreux griefs que lui portent surtout les députés de l’opposition. « Mais depuis le démarrage du processus, que de passions ne se sont-elles pas déchaînées ! Que d’appels n’a-t-on pas lancés aux différents protagonistes ! Que de rencontres n’a-t-on pas organisées ! Que de médiation ou de négociations n’a-t-on  initiées ! Il s’agit là de l’expression de la grande dynamique qui entoure tout processus exaltant et particulièrement celui dont la finalité est l’organisation de la dévolution du pouvoir par voie électorale. »,  déclare le superviseur général de la Cps-Lepi Nassirou  Arifari Bako, visiblement déçu. Après avoir constaté que les divergences autour de la Lepi sont nées à partir du style de management des organes en charge de la réalisation du Rena, il affirme qu’il y a eu  plusieurs rencontres similaires  qui visent à aider les protagonistes à accorder les violons. Sur les objectifs de cette rencontre, il se veut très clair. « Au cours de nos travaux, nous discuterons des résultats à mi-parcours du processus du Rena-Lepi. Nous discuterons également des différentes options qui s’offrent à nous pour aborder la troisième et dernière phase du processus, à savoir l’enregistrement des citoyens de 12 ans et plus », a-t-il affirmé. C’est le ministre Chargé des relations avec les institutions Zakary Baba Body qui a eu l’honneur d’ouvrir officiellement ses assises. Il ne tarit pas d’éloges à l’endroit de tous les acteurs du processus de mise en œuvre de la Lepi qui est pour lui un baromètre important de tout système démocratique. « Une démocratie s’apprécie à l’aulne de la fréquence des élections que de la fiabilité du fichier électoral », précise le ministre avant d’inviter les participants à faire des réflexions pertinentes pour l’évolution du processus.

L’opposition boycotte la rencontre

{mosgoogle}Comme on pouvait s’y attendre, cette rencontre a été boycottée par  les acteurs politiques de l’opposition. Aucun membre de l’Union fait la nation(Un), ni du G13 n’étaient présents à cette journée de réflexion. En effet, en réponse à l’invitation du superviseur général Arifari Bako, le président de l’Union fait la nation Bruno Amoussou a donné clairement la position de sa formation politique. « Prenant note de votre invitation à une journée de réflexion, il nous paraît important de vous rappeler  nos souhaits répétés d’une préparation de chaque rencontre afin qu’elle soit utile ».  Plus loin, il précise : « Le programme que vous avez bien voulu joindre à la correspondance 397 nous donne l’impression d’une grande manifestation médiatique sans possibilité réelle d’une discussion approfondie sur les résultats d’opérations aussi importantes que la cartographie censitaire et le recensement porte à porte. Nous ne sommes pas non plus en possession d’un document de propositions pour un dialogue politique inclusif ». Même si le boycott n’est pas signifié clairement, il transparaît pour celui qui sait bien lire entre les lignes. Comme quoi, le chemin qui amène au consensus  est long et semé d’écueils. Bako a encore du pain sur la planche.

Marcel Zoumènou