La Nouvelle Tribune

Yayi s’accommode de mauvaises fréquentations

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Les dernières sorties médiatiques de Fred Houénou, Gbadamassi et consorts  sur l’affaire Icc-services montrent bien à l’opinion que la morale et l’éthique ont déserté les cercles politiques et qu’il faut s’en préoccuper. Seule gêne, la complicité de plus en plus évidente entre ces jeunes et le pouvoir  compromet dangereusement Yayi  et ne le crédibilise pas dans son fameux projet de refondation de la république.

Il n’y a plus de doute sur ce que Fred Houénou et ses ouailles sont en mission pour le gouvernement et son Chef Boni Yayi. Les images de sa dernière sortie médiatique, mardi 27 juillet au Palais des congrès de Cotonou confirment toute l’intelligence qu’on tentait de dissimuler. On voit ce jeune homme, béninois anonyme sans aucune attribution  dans l’appareil d’Etat-sauf qu’il est chef d’un prétendu mouvement de jeunes - assis  à la tribune officielle en posture de conférencier principal devant une quirielle de micros et de caméras de chaines de télévision. Ses interlocuteurs du jour s’appellent Issifou Kogui N’douro, ministre d’Etat, Reckya Madougou, François Noudégbessi, Clément Dègbo, Candide Azannaï, tous ministres, pour ne citer que ceux-là. On peut aussi voir dans le lot Amos Elègbè, conseiller technique du Chef de l’Etat, Rachidi Gbadamassi, député, Patrick Benon, Directeur général de Bénin Télécoms. Tous sont venus écouter Fred Houénou. On les a vus rester toute ouïe, comme les élèves écoutent leur maître. L’image est saisissante et symptomatique du malaise et de la perte des valeurs qui caractérisent l’élite du camp présidentiel au Bénin. Désormais, ceux qui se demandaient au nom de qui ce jeune-homme parle, peuvent trouver une réponse à leur question. 

{mosgoogle}Fred Houénou est en mission pour le gouvernement. Et la présence de ce gotha de personnalités politiques et de la république montre en quoi la mission est si capitale pour le commanditaire. Oui, capitale puisqu’il s’agit d’apporter la contradiction à d’autres personnalités de la république qui n’ont eu que leurs langues pour critiquer la conduite du dossier « Icc services » par le gouvernement et prouver que son laxisme et son silence au moment du drame n’étaient qu’une preuve évidente de complicité. Ils n’ont eu leurs langues que pour dénoncer que le rapprochement entre ces escrocs, aujourd’hui voués aux gémonies, et les magnats du pouvoir. Pour avoir donc dit cela, ils sont des opposants qui n’aiment pas leur pays et qu’il faut à tout prix mettre hors d’Etat de nuire. Et donc, on peut envoyer Fred Houénou, à peine trentenaire, venir insulter Adrien Houngbédji, 68 ans et Bruno Amoussou 71 ans. Ni plus, ni moins, c’est l’image de l’enfant qui insulte son père. Chose désormais faisable sous le changement.

La politique de la compromission

Les sorties fréquentes et intempestives de ces jeunes de la majorité présidentielle pour aller en contradiction à tous ceux qui osent critiquer la gestion calamiteuse de ce dossier montre contrairement à ce que mijote le gouvernement qu’il y a effectivement des raisons pour lui de paniquer et de s’inquiéter. « Qui se sent morveux, se mouche », dit un proverbe français. L’autre chose qu’on n’a pas toujours compris dans la majorité présidentielle c’est que l’image de ces « griots » ne passe pas dans le pays. Rachidi Gbadamassi, bien que député, est considéré comme un homme politique sans honneur et sans dignité ancien bagnardqui traine de sales dossiers en justice et qui plus est, passe pour être le plus lunatique des hommes politiques depuis sa volte-face qui l’a conduit sans raison convaincante du G13 à la mouvance. Quant à Fred Houénou, on l’a déjà vu une fois à l’œuvre aux côtés du président Kérékou entre 2004 et 2005 où il était un chantre attitré de la révision de la Constitution. Si à son jeune âge, il a déjà été un conspirateur contre l’ordre constitutionnel, quelle perspective de crédibilité offre-t-il pour l’avenir ? Plus grave, on l’a vu dans un passé très récent flirter avec cette même opposition  et tenir même des discours très critiques à l’endroit du gouvernement.

{mosgoogle}Conséquence, les nombreux efforts et les tapageuses conférences de presse données par ces jeunes n’ont pas encore eu l’effet de la seule déclaration du président Houngbédji  à qui  l’opinion reconnaît au moins un minimum de probité. En utilisant cette engeance pour  répliquer à des personnalités qui ont occupé de hautes responsabilités par le passé dans le pays, le gouvernement et son Chef se discréditent plus et laissent douter de leur projet de refondation de la république. « Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es », dit-on !

Marcel Zoumènou