La Nouvelle Tribune

Affaire Icc services: Le clair-obscur du gouvernement

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L’affaire qui défraie actuellement la chronique est bel et bien le dossier Icc service. De quoi est-il question ? Il s’agit de collectes d’épargne placées et rémunérées à 100, 200 voir 300%. Une vingtaine d’organisations non gouvernementales et d’entreprises dont Icc services s’y adonnent au nez et à la barbe du gouvernement du président Boni Yayi.

Des milliers de Béninois y ont déposé leurs fortunes. Certains, attirés par les avantages miroités par les acteurs de ce système d’escroquerie organisé, ont vendu leurs biens et obtenu de l’argent qu’ils ont placé à Icc service. Aujourd’hui, on parle de 60 à 100 milliards déposés dans cette structure de placement d’argent. Les victimes pleurent.

        Si le placement en ligne n’est pas évident à attaquer, il se pose le problème d’une collecte illégale de l’épargne. Selon les textes en vigueur, seuls les établissements financiers agréés par le ministère des Finances peuvent collecter de l’épargne. Or, voilà des structures généralement non autorisées qui s’y adonnent sans que le chef de l’Etat qui est garant du respect des lois ne réagisse. Le comble est que ces escrocs ont été même reçus en audience par le premier magistrat de la République. Pour mieux emballer leurs clients, des photos du président Boni Yayi et du feu révérend pasteur, Benoît Agbaossi, sont exposées dans leurs bureaux respectifs. Ceci leur a permis de gagner plus la confiance des Béninois qui mordent le doigt aujourd’hui. Et pourtant, le gouvernement n’avait pas réagi.

Démarche biaisée

Depuis quelques jours, les responsables de Icc service sont gardés par la police sans avoir été présentés au tribunal. Il s’agit d’une violation de la liberté ou alors, c’est une protection des individus impliqués dans ce scandale. Dès lors, il se pose la question de savoir si le régime du Changement n’est pas complice. Le gouvernement, par la voix du ministre de l’Intérieur, se dit défendre les victimes, alors qu’il s’agit d’une activité illégale. Décidément, la gouvernance aura fait le choix des violations de la loi. D’ailleurs, cette démarche du gouvernement doit plus inquiéter les clients de Icc service, puisqu’apparemment, elle cache une certaine complicité entre le gouvernement et les responsables de ce réseau mafieux. Pour preuve, le problème posé relève des finances et à aucun moment, le ministre des Finances et de l’économie n’a semblé se saisir ou être instruit de connaître du dossier.

{mosgoogle}Ce qui laisse croire que c’est une sale besogne que les ‘’vertueux’’ comme Idrissou Daouda ne peuvent gérer. Pour mieux comprendre la situation, la séance de travail qui va avoir lieu ce jour avec les structures de placement ne va pas se dérouler dans ses locaux. Cette succession des faits laisse bien à un scandale qui trempe entièrement le gouvernement. Il vaut mieux que les victimes prennent les taureaux par les cornes pour espérer rentrer en possession de leurs fonds.

Jules Yaovi Maoussi