La Nouvelle Tribune

Les déballages des députés sur le coût de l’organisation de la cen-sad

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En prélude à la mise en place de la commission parlementaire d’enquête et d’informations  pour faire la lumière sur l’organisation du sommet international de la Cen-Sad, les députés sont revenus une fois encore à la charge à l’occasion de la séance plénière qui s’est déroulée hier au parlement et qui a consacré les débats sur ce sujet qui défraie toujours la chronique.

On se rappelle qu’il y a une semaine, les députés ont entamé ce débat qui n’a pas été concluant pour des raisons de la non clarification de certains aspects par le gouvernement. Mais la décision avait été prise en plénière de mettre sur pied cette commission d’enquête. Hier, les députés présents, surtout ceux de l’opposition n’ont pas raté une fois encore le gouvernement représenté par le ministre des finances et de l’économie Idriss Daouda et son homologue de l’urbanisme François Noudégbessi. Prenant la parole, le ministre des finances  a expliqué de long en large comment ce sommet a été organisé, les sommes dépensées et les dispositions prises afin que le sommet de la Cen-Sad soit une réussite malgré le délai qui était imparti. Selon Idriss Daouda, ce sommet a coûté plus de 2 milliards de francs CFA environ pour l’organisation matérielle tandis que les exonérations ont avoisiné les 9 milliards de francs CFA. D’autres chiffres ont été évoqués tels que les autres dépenses qui sont estimées à 3 milliards. Autant de chiffres avancés qui n’ont pas pourtant convaincu les députés. De nombreux déballages ont été faits par la suite, notamment sur les chiffres des montants consommés, comment des taxes fiscales et douanières ont été gérées et enfin comment des marchés ont été passés gré à gré. Au cours des débats, l’honorable Augustin Ahouanvoébla dira qu’ils ont beaucoup de documents qui contredisent le gouvernement dans les chiffres avancés. Selon le député Kakpo Kifouli, dans ce dossier, des malversations se sont révélées au grand jour et selon lui, c’est pour cette raison que notre pays perd beaucoup d’argent. Il poursuit qu’il ne comprend pas comment un seul individu reçoit une exonération de 30 milliards de francs CFA. Pourquoi le gouvernement est réticent quand on lui demande des documents, s’interroge le député Vodonou Désiré. Il a demandé aussi au gouvernement de lui fournir des explications sur ce qu’il met dans « d’autres dépenses estimés à plus de 3 milliards ». Il déclare aussi que les agents du ministère des finances leur fournissent d’autres documents alors que le gouvernement vient exhiber au parlement des chiffres erronés. « Le gouvernement vient faire du folklore et joue avec le peuple » s’indigne le député Force Clé. Il sera appuyé dans ses propos par le premier questeur de l’institution parlementaire Sacca Fikara qui déplore comment des ministres de la République viennent mentir devant la représentation nationale. « L’organisation de la Cen-Sad a coûté 2 milliards, vous vous foutez de qui ? » s’indigne t-il avant de préciser que c’est plutôt 65 milliards de francs CFA que ce sommet à coûté. Pour d’autres députés, il ne faut pas vider les cartouches et attendre plutôt les résultats de la commission d’enquête parlementaire et d’informations qui sera mise bientôt sur pied.

{mosgoogle} Les députés Wallis Zoumarou, Raphael Akotègnon, Edayé Jean-Baptiste, Justin Sagui Yoto ont abondé dans le même sens. Quant à la présidente Rosine Vieyra Soglo, elle ira plus loin en dénonçant les magouilles du régime du changement. Elle dira pour finir qu’elle risque de traduire le chef de l’Etat et son gouvernement devant la Haute Cour de Justice pour trahison et magouille. Au terme des débats, des députés ont souhaité que cette commission d’enquête soit mise sur pied le plus tôt possible afin qu’elle fasse son travail et faire la lumière sur cette affaire.

Ismail Kèko