La Nouvelle Tribune

Topanou part déçu du gouvernement

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Au lendemain de la formation du gouvernement du président Boni Yayi, les passations de service ont démarré depuis hier. Le ministre de la Justice sortant, Victor Prudent Topanou, a passé le témoin à son successeur, Grégoire Akofodji, dans la matinée de ce lundi. Victor Topanou, contrairement à ses habitudes, avait la mine serrée. Il saluait à peine l’assistance.

Pour parfois s’adopter à l’ambiance du moment, il forçait le sourire qui avait du mal à venir. Au podium, il était concentré comme un candidat en pleine composition au baccalauréat. Pratiquement, il ne faisait pas attention aux messages de félicitations que les uns et les autres lui adressaient pour avoir opéré des réformes importantes en un temps record. D’ailleurs, son amertume apparente a été sentie dans son allocution. Contrairement à l’habitude des ministres sortants de faire le bilan de leurs œuvres, M. Topanou s’est contenté d’un discours laconique lu en moins de deux minutes dans lequel il n’a fait que remercier le chef de l’Etat, son épouse, ses parents et le personnel de son ministère dans un ton assez lourd. « Mes remerciements vont au président de la République….pour m’avoir donné l’occasion de faire cette unique et riche expérience de la gestion du pouvoir d’Etat à ses côtés, d’abord au cabinet civil, ensuite au secrétariat général du gouvernement et enfin au gouvernement », a-t-il déclaré.

Toutefois, tous les intervenants ont dressé un bilan satisfait du passage de Victor Topanou à la tête du ministère de la Justice. Certains sont allés loin jusqu’à dire qu’il a été l’un des meilleurs gardes des sceaux. Le Syndicat national des travailleurs des services judiciaires et assimilés du Bénin, l’Union nationale des magistrats du Bénin et tout le personnel dudit ministère, à travers leurs représentants respectifs, ont démontré que le ministre sortant est un homme de vision et a une capacité exceptionnelle de la gestion des hommes.

{mosgoogle}Prenant la parole, le ministre Akofodji a promis de suivre les pas de son prédécesseur, afin de faire de la justice béninoise un levier de développement. A la fin de la cérémonie, les deux hommes se sont retirés. Dans sa démarche, Victor Topanou, triste comme un enfant malade, marchait comme s’il avait peur de poser ses pieds sur le sol. C’était ses derniers gestes en tant que ministre de la Justice.

Jules Yaovi Maoussi