La Nouvelle Tribune

Boycott de la session ordinaire du Parlement par des députés-Fcbe

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Les signes de la débandade à la mouvance
Beaucoup de députés Fcbe (Forces cauris pour un Bénin émergent) ont boycotté l’ouverture de la première session extraordinaire de l’Assemblée nationale de l’année 2010. C’est le signe que la mouvance s’enlise davantage dans une crise qui risque de l’emporter à quelques mois seulement des élections de 2011.

La crise au sein de la majorité présidentielle va de mal en pis. Le malaise est si profond que même les fidèles des fidèles quittent leur famille politique comme des prisonniers qui s’évadent de leur lieu de détention. La présence de 21 députés de la mouvance sur 35, à l’ouverture de la dernière session ordinaire de l’Assemblée nationale avant-hier en est une illustration palpable. Tout se passe comme si la dissidence des honorables Janvier Yahouédéou, André Dassoundo, Eloi Aho et consorts a ouvert les yeux à leurs homologues de la majorité présidentielle. En principe, au moins 30 députés Fcbe devraient se présenter à l’hémicycle en signe de solidarité au chef de l’Etat et au président de l’institution parlementaire, en ce moment où le pouvoir en place rencontre toutes les difficultés du monde au plan sociopolitique. Cet état de choses annonce certainement de nouveaux départs chez les cauris, synonyme de la descente aux enfers du régime du Changement.    
Pourquoi c’est au moment où le chef de l’Etat a le plus besoin du soutien de ses partisans que l’on observe l’aggravation de la crise au sein de la mouvance ? Des raisons ne manquent pas pour répondre à cette question. D’abord, il y a un mécontentement général dans le rang des vrais acteurs du Changement. Depuis 2006, la plupart de ceux qui ont véritablement mouillé le maillot pour l’arrivée au pouvoir du président Boni Yayi sont écartés de la gestion de la chose publique, quand bien même certains d’entre eux sont élus députés à l’Assemblée nationale. Même les observations de ces derniers pour une meilleure conduite de la gouvernance sont prises pour des manipulations venant de l’opposition. C’est le cas de l’honorable Yahouédéou qui a été traité de tous les noms pour avoir eu le courage de dénoncer la surfacturation de l’achat des machines agricoles. Comme lui, la plupart de ceux qui émettent quelques critiques pour corriger les tares du Changement sont considérés comme des loups dans la bergerie. En plus, les tractations pour les positionnements sur les listes Fcbe ont commencé. Dans ce combat, des députés de la majorité présidentielle ne sont plus sûrs d’y être reconduits en bonne position. Dans les coulisses, on apprend que certains d’entre eux lorgnent du côté de l’opposition en l’occurrence l’Union la fait la Nation et la coalition ABT qui suscite la candidature d’Abdoulaye Bio Tchané, actuel président de la Banque ouest-africaine de développement dont la candidature risque de faire mal au pouvoir à la prochaine élection présidentielle.

{mosgoogle}     La trahison, la méfiance et l’incertitude règnent au sein de la mouvance. C’est dire qu’avant 2011, beaucoup de choses pourraient se passer dans l’entourage du président Yayi et sur le terrain électoral. On peut voir là les signes avant-coureurs de la débandade à la mouvance présidentielle.

Jules Yaovi Maoussi