La Nouvelle Tribune

Retournements incessants de veste: Le parcours politique sans repère de Fred Houénou

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La transhumance politique fait toujours recette au Bénin. Après celle spectaculaire de Rachidi Gbadamassi, c’est le tour de Fred Adriano Houénou d’entrer dans la danse. Le jeune président du Rassemblement National des Jeunes du Bénin (Rnjb) est désormais l’apôtre du changement après avoir flirté quelques mois avec Kamarou Fassassi et l’Union fait la Nation.

Il a le génie de défendre les régimes « mourants » et les causes les plus sordides. Fred Houénou est le prototype même des hommes politiques béninois, très nombreux, qui ont décidé de mettre leur dignité entre parenthèses et de ne rechercher que le lucre. Visitons un peu son parcours politique peu élogieux. C’est en 2005 qu’il crève l’écran. Au moment où, les caciques du régime du président Kérékou atteints d’une phobie de se voir couper le biberon gouvernemental et les nombreux avantages du pouvoir ont imaginé le scénario diabolique de perpétuer le règne du caméléon par la prolongation de son mandat. Surfant sur le mutisme du président Kérékou sur ce sujet et n’ayant trouvé personne de crédible pour défendre leur cause, ils font appel à ce jeune sorti à peine de l’université, à la recherche donc d’insertion professionnelle. Fougueux et audacieux mais aussi très éloquent, il accepte l’offre. Evidemment, les avantages afférents à ce sale bouleau étaient si alléchants qu’un jeune à peine sorti de la misère du campus ne peut que mordre à l’appât. Il bénéficie d’un véhicule 406, plaque bleue (attribuée uniquement aux officiels, membres du gouvernement et institutions de la république), d’un garde du corps et de la pécune. Mais malheureusement pour lui, le projet échoua malgré ses joutes oratoires et ses tapages médiatiques. Et comme Kérékou, il s’éclipse. On ne le revit qu’à partir de 2008 et surtout 2009 où il met sur les fonts baptismaux un mouvement. Son discours est tranché. Se prenant pour l’avocat de la cause de la jeunesse, il s’en prend au gouvernement de Yayi qu’il accuse de sacrifier la jeunesse. Son discours reçoit un écho favorable auprès des jeunes désabusés qui ruminent leur désespoir par rapport au régime de Yayi. Mais très tôt la politique le récupère et on l’entend curieusement dire un jour que c’est Kamarou Fassassi qui est l’homme qui pouvait sauver la jeunesse. Etait-il objectif ? Difficile de le confirmer. Toujours est-il qu’à la convention de l’Union fait la Nation, on le vit très actif, derrière son mentor du temps à qui il vouait vénération. Certains auraient pu dire que c’est le garde de corps de Kamarou Fassassi. Ceux qui le connaissent disaient « il a trouvé quelqu’un à escroquer enfin ! ». Mais le mariage ne dura pas si longtemps. Prétextant du choix de Houngbédji comme candidat unique de l’Un, il vire dans la mouvance. Intelligent ! Puisque c’est le moment où les thuriféraires du régime ont montré des signes d’essoufflement. Il faut trouver d’autres pour les épauler. Fred Houénou tombe à pic. On pourra l’utiliser pour sauver les meubles, moyennant  espèces sonnantes et trébuchantes.

{mosgoogle}Il pourra venir maintenant à la télé pour dire l’Union ne peut rien pour le Bénin. Pourtant, à la convention à laquelle il a pris part, il savait que le candidat unique pourra être Houngbédji ou peut être Léhady Soglo. Il ose parler de « despotes » qui veulent prendre le pays en otage, alors qu’à son âge, il donne un exemple inouï d’inconstance politique. Au sein de l’Union, on le banalise presque. Certains ne le connaissent même pas. « Ce sont des agitations d’un jeune sans repère », déclare un membre de l’Union. A voir de près, il est peu soucieux de l’échec que connaissent ses ignobles projets. Terrible impression sur un jeune à peine trentenaire qui a décidé de mettre son  talent et son intelligence au service de basses besognes.

Marcel Zoumènou