La Nouvelle Tribune

Bataille juridique autour d’une affaire domaniale à Sakété

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Des alliés Fcbe s’affrontent à Sakété

Une affaire domaniale a pris l’allure d’un combat hautement politique à Sakété. Elle n’est qu’un épisode d’un feuilleton qui a commencé depuis 2007 entre adversaires politiques devenus tous partisans du président Boni Yayi.  Le 1er avril prochain, le maire de Sakété, Raliou Arinloyé, et le député Firmin Biokou seront à nouveau devant le juge. C’est une affaire domaniale qui est au cœur de la procédure judiciaire. Tout est parti de l’attribution par la mairie de Sakété d’un domaine de 3 hectares au ministère de la Famille pour la construction d’un centre de promotion sociale, en vue du développement de sa localité. Il se fait que quatre parcelles appartenant au député Biokou font partie des terrains des populations pris par les autorités communales pour abriter le joyau. Piqué au vif, ce dernier a porté plainte contre la mairie au tribunal de première instance de Porto-Novo. En première instance, il gagne le procès. Mais, n’étant pas satisfait du jugement rendu, le maire de Sakété fait appel de la décision du tribunal. Aujourd’hui, et à quelques jours du procès en appel, Raliou Arinloyé s’oblige à organiser un meeting d’explication aux populations de sa commune. Pourquoi une affaire qui pouvait être réglée entre frères de la même localité a été portée devant le juge dans la mesure où il y a possibilité de dédommagement en ces genres de circonstance ? Personne ne comprend cela. Seulement, les rivalités politiques pourraient bien être en train de miner le litige domanial. En effet, le camp du député Biokou, suppléant du ministre François Abiola, et le camp du maire Arinloyé se combattaient sur le  plan politique depuis 2007. Avant les élections de 2006, les deux rivaux étaient au Madep de Séfou Fagbohoun. Ensemble, ils ont choisi de désobéir aux responsables de leur parti pour soutenir la candidature de Me Adrien Houngbédji du Prd à l’élection présidentielle de 2006. Une fois cette échéance passée, il y a eu mésentente. Le ministre Abiola et ses supporters sont retournés au Madep, au moment où Raliou Arinloyé et Rafiatou Karimou ont pris la décision de soutenir le président Boni Yayi. C’est ainsi qu’aux élections législatives de 2007 à Sakété, le Madep soutenu par le camp Biokou et les Fcbe sous la houlette de Rafiatou Karimou s’étaient affrontés. Les éléments du député plaignant ont eu le dessus, parce que c’était à un moment où les populations ont voté massivement le Madep pour obtenir la libération de Séfou Fagbohoun, alorx incarcéré. Un an après, le maire de la localité a renversé la vapeur aux élections communales. La liste conduite par Raliou Arinloyé a obtenu 11 conseillers sur 17 et garde le contrôle de la commune. La tension est si vive que les deux bords politiques se promettent des heures chaudes en 2011, malgré le revirement spectaculaire du député Biokou dans la mouvance amenée par Fcbe.

{mosgoogle}La honte de la mouvance

La mouvance accuse souvent à tort ou à raison l’opposition de ne pas vouloir accompagner le gouvernement dans ses efforts de développement. Voilà qu’à Sakété, pour une affaire de développement, deux alliés de la mouvance présidentielle se trainent devant les tribunaux. Le député Biokou devrait féliciter la mairie de sa localité d’avoir trouvé un domaine pour abriter un centre de promotion sociale, gage de développement de sa commune. L’ancien président américain, John Kennedy : « Ne demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, mais plutôt ce que tu peux faire pour ton pays ». Mais ce parlementaire, qui doit tout à sa localité, ne recherche pas un règlement à l’amiable, et opte plutôt pour une bataille juridique. Les populations de Sakété reconnaîtront certainement les leurs en temps opportun.

Jules Yaovi Maoussi