La Nouvelle Tribune

Pour occuper les portes de l’administration de l’hôtel Alédjo

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La Cps-Lepi envoie des huissiers pour défoncer les portes

( Les travailleurs crient haro sur la gestion de la Dg Olga da Silva)
La Commission Politique de Supervision de la Liste Electorale Permanente Informatisée (Cps-Lepi) a  ouvert un autre front de lutte. Après avoir provoqué l’ire des forces politiques de l’opposition, elle vient de s’en prendre aux travailleurs de l’hôtel Alédjo qui l’héberge. Sans aucun avertissement, elle envoie un huissier pour défoncer les portes des bureaux des travailleurs afin de les faire sortir et d’occuper les lieux. La Cps est-elle une institution maudite ? A peine le nouveau coordonnateur Nassirou Bako Arifari a-t-il été élu à sa tête qu’il essuie déjà ses premiers griefs. Cette fois-ci, ils viennent du camp des travailleurs de l’hôtel hôte Alédjo qui ont vu  les portes de leurs bureaux défoncées un peu en début de l’après midi de la journée du mardi 16 mars. L’huissier qui agissait sous les ordres du superviseur général a choisi une période où aucun de ses travailleurs n’était encore venus au bureau. Ces 75 travailleurs ont ainsi bu le calice jusqu’à la lie après être sevrés de salaire depuis mars 2009.Abasourdis, ils racontent que l’huissier s’est aidé du service d’un menuisier pour démolir les portes de la lingerie, de la buanderie, du bureau du Chef de personnel et du service de contrôle. « Les rares bureaux dont les portes n’ont pas été défoncées sont ceux des gens proches de la directrice, c’est le cas par exemple du comptable », raconte un agent très furieux. Accusé de traîtrise et d’avoir participé à la magouille qui a ruiné la maison, ce comptable est devenu la risée de ses collègues. Il est chassé par des jets de pierre chaque fois qu’il y met pied. C’est le cas hier où ayant appris que l’Ige est dans la maison, il a voulu participer aux discussions mais une dame a voulu lui casser la tête avec une pierre. Les agents de l’Ige se sont transformés en médiateurs pour calmer la bagarre. Mais qui a envoyé l’huissier ?

Selon les travailleurs qui ont rencontré le coordonnateur de la Cps-Lepi, ce travail n’a été fait sans le consentement de la directrice général de l’hôtel Olga da Silva. Cette dernière, jointe au téléphone affirme « qu’elle a donné son avis pour défoncer ces portes après que la Cps-Lepi l’a contacté ».En fait, la Cps-Lepi a voulu ainsi agir sur la base d’une convention de location qui la lie à la direction de l’hôtel. Une convention dont le montant s’élève à 92.970.000F et qui donne droit à exploiter tous les bâtiments de l’hôtel. Pour la directrice, l’hôtel appartient à l’Etat de même que la Cps-Lepi et elle ne comprend pas donc pourquoi les travailleurs en font une polémique. Mais dans ce cadre, elle n’a encore reçu aucun kopeck de la Cps-Lepi. « Demandez à la Cps si elle m’a donné de l’argent», a-t-elle affirmé pour justifier la cessation de salaires des agents.

Une dame « porte malheur »

Sous cette opération d’huissier et de Cps mal conçue, il y a une véritable guerre ouverte entre Olga da Silva et ses agents. En dehors du fait qu’ils l’incriminent d’avoir négocié seul le contrat de location avec la Cps-Lepi, il y a d’autres antécédents qui les lient. Ils l’accusent aussi de voler les biens de l’hôtel. Dans une lettre en date du 26 janvier 2010 qu’ils ont adressée au ministre de l’artisanat et du tourisme, le Syndicat des travailleurs de l’hôtel Alédjo (Syntrhale-Syntra-h) et le comité de gestion de la crise de l’hôtel Alédjo ont informé leur autorité de tutelle que la Dg da Silva vole salon, lits, buffets, matelas, réfrigérateur…. Mais à cette lettre et à beaucoup d’autres sollicitations, le ministre de l’artisanat et du tourisme est resté sourd. Un rappel de taille, cette dame a été dénoncé dans le conseil des ministres du 16 Août 2007.Voici ce qu’on dit d’elle : « madame Olga da Silva ancien directrice provisoire de l’hôtel Croix du Sud est mise en débet pour émission d’ordre de recettes pour la somme de 15 millions représentant des recettes recouvrées et non reversées à l’hôtel ainsi que des augmentations fictives de prix demandés aux fournisseurs… ».

{mosgoogle}C’est pourtant le même conseil des ministres qui la nomme à nouveau au poste de Dg de l’hôtel Aledjo. Une promotion pour le détournement ou un pactole politique ? En tout cas, elle se fout bien de ses agents. «  Vos jérémiades ne peuvent pas l’enlever de mon poste puisque c’est Boni Yayi lui-même qui m’a nommée ».Joint au téléphone hier, elle confirme le même mépris pour ses agents : « ne vous occupez pas de ceux-là qui n’ont aucun diplôme et qui se prennent pour des administrateurs d’hôtel », a-t-elle ironisé.

M. Z.