La Nouvelle Tribune

Participation au gouvernement

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Le G4, G13 et consorts divisés
Iront-ils ou n’iront-ils pas ? L’heure est arrivée pour les ex-allies de Yayi de se déterminer politiquement. L’entrée au gouvernement  reste un véritable casse-tête pour les uns et les autres puisque tous ne parlent plus le même langage. Si pour certains il est hors de question d’accepter un quelconque poste dans le gouvernement, pour d’autres, l’hypothèse n’est pas exclue, pourvu que cette fois-ci , ils s’entourent des garanties nécessaires pour  ne pas se laisser berner à nouveau pas l’homme du changement.

De sources bien informées, la Renaissance du Bénin (Rb) ne serait pas partante pour le gouvernement. Du moins, son président d’honneur, semble exclure toute hypothèse dans ce cadre.  On ignore avec précision ce qu’en dit son entourage. Selon des observateurs, cette position trop tranchée risque de ne pas faire l’unanimité. La mairie à elle seule ne pouvant absorber tout le monde, des cadres du parti voudraient  bien être promus dans le gouvernement et faire leur expérience de gestion de la chose publique. Rompre entièrement tous les ponts avec le pouvoir  pourrait ne pas être la meilleure stratégie du moment.
Du côté des autres membres du G4, c’est l’incertitude totale. Cependant, selon des indiscrétions, tout dépendra de ce que le pouvoir mettrait dans la balance.
En fait, chacun fait ses calculs par rapport à 2011. La Rb et Le Prd, requinqués par leur victoire à l’issue des échéances du 20 avril ont repris espoir et pensent qu’ils peuvent maintenir le cap et pouvoir tenir tête à Boni Yayi à la prochaine présidentielle. Telle n’est pas le cas de leurs alliés qui, non seulement ne sont pas dans la position d’afficher des ambitions fermes pour 2011, mais aussi sortent de dix années de participation constante à la gestion du pouvoir  et savent ce que c’est qu’être représenté au  gouvernement. En clair, les intérêts ne sont plus les mêmes. Depuis que les élections sont terminées chacun sait où sont ses forces et ses faiblesses. Avant le 20 avril le discours commun s’imposait, puisque l’enjeu était d’unir les forces pour contrer le pouvoir, réduire au maximum son influence afin de protéger leur électoral respectif.

Des garanties plus fermes.
Pour ce qui le concerne, le G13 est aussi confronté à un dilemme. Aujourd’hui, ce regroupement a le profil quelque peu bas, puisque les fruits n’ont pas tenu les promesses des fleurs comme il s’y attendait. Des victoires significatives à Parakou, Malanville,  Matéri, voire  Glazoué et Ouidah auraient  permis à ses membres de bomber davantage le torse contre le pouvoir et le faire chanter s’il le faut. Mais à en croire ce que qu’annoncent les résultats provisoires, il y a lieu qu’ils revoient leurs ambitions à la baisse et qu’ils fassent preuve de plus de réalisme. Face à cette situation, il s’impose à eux de reconsidérer leur stratégie et de choisir la position qui pourrait se révéler payante politiquement et pour l’avenir. Voilà qui justifie l’incertitude à laquelle ce regroupement est confronté et qui le fait hésiter devant les appels du pied de Yayi.  Chat échaudé ne craint-il pas l’eau froide ?
Enfin il y  le groupe des sympathisants du G4 et G13. Le plus connu, qui semble avoir arraché quelques communes à la Rb dans le Zou, n’exclut pas  systématiquement sa participation au gouvernement. Selon des indiscrétions ils auraient déjà posé ses conditions à Yayi, dont la principale serait l’assurance  que ses ministres ne perdent  pas leur poste au cours des trois prochaines années. « Les promesses politique n’engagent que ceux qui y croient  ».

Alain C. Assogba