La Nouvelle Tribune

L’appât de Yayi à « l’opposition » (encadré)

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Des bruits se font de plus en plus perceptibles quant à l’entrée éventuelle de certains partis politiques dits de l’opposition dans le prochain gouvernement. Suite à la contre-performance  de Fcbe dans certaines grandes communes comme Cotonou, Porto-novo puis dans le Couffo, le chef de l’Etat, Boni Yayi serait désormais disposé, la logique politique oblige,  à former un gouvernement d’ouverture dans lequel on retrouverait des ministres de la Rb, du Psd, du Madep voire du Prd.

Une sorte de réconciliation et d’apaisement politique  dont l’objectif serait de calmer la tension née entre le pouvoir et ses anciens alliés et donner une suite favorable aux préoccupations exprimées par le G4 et le G13 lors de leurs différentes sorties. En effet, les formations politiques membres de ces regroupements avaient reproché à Boni Yayi de ne pas avoir tenu ses engagements à leur égard. D’abord en 2006, où trois des partis membres du G4 avaient appelé à voter pour lui au second  tour de la présidentielle contre Houngbédji. Ensuite le G13 qui, à l’occasion de l’élection du bureau de l’Assemblée nationale, s’était joint aux députés de Fcbe au Parlement pour permettre au pouvoir d’avoir gain de cause. Le G4 comme le G13 accusent donc Yayi de ne les avoir  pas associé à la gestion du pouvoir comme ils avaient pu en convenir dans le cadre de plusieurs accords. Exception faite du premier gouvernement du changement dans lequel la Rb, le Psd et le Madep étaient représentés.
Au regard des scores sortis des urnes le dimanche 20 avril 2008, la ville de Cotonou fortement convoitée par le pouvoir est restée aux mains de la Rb qui, provisoirement, totalise 27  conseillers , suivie du Prd  12 conseillers. Fcbe est venue loin derrière avec une dizaine de conseillers. Depuis lors, l’heure est à la conciliation du côté du pouvoir pour qui les résultats des dernières élections constituent un signal significatif pour un futur  proche, la présidentielle de 2011.
La question qui revient actuellement sur toutes les lèvres est de savoir l’attitude qui va être celle du G4 et du G13. Vont-ils prendre la main tendue de Yayi et accepter d’aller s’abreuver à la rivière du changement ? Logiquement oui, car cela faisait partie de leurs principales revendications et de leur fronde contre le régime en place. En outre, c’est qu’un parti a par essence pour vocation première de gouverner. Et lorsqu’on sait que le discours politique de protestation que tenaient le G4 et le G13 ne portait pas sur des questions de vision et de principe de gouvernement, la probabilité qu’ils se laissent aller à la tentation de céder aux  propositions de Yayi est assez forte. Même si d’aucuns parlent de plus en plus de leur réticence, de leur crainte de  se laisser à nouveau  prendre au piège par Boni Yayi. Comme ce fut le cas ces deux dernières années. La conséquence ici serait le désaveu dont ils feraient l’objet auprès de la population. Celle-ci s’empresserait de tirer la seule conclusion qui vaille : tout leur bruit d’avant les élections ne visait donc  qu’un seul objectif : contraindre le chef de l’Etat  à les intégrer dans son gouvernement. Les conséquences politiques pourraient se révéler suicidaires pour 2011 et c’est Boni Yayi qui au finish pourrait reconquérir son électorat perdu. 

Alain C. Assogba