La Nouvelle Tribune

Polémique autour de l’accord de prêt de la Boad à Porto-Novo

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Sofiath Onifadé dans un mauvais rôle

En réplique au maire Moukaram Océni qui alertait l’opinion nationale vendredi dernier sur la volonté manifeste du gouvernement de bloquer l’accord de prêt de 4 milliards sollicités auprès de la Banque ouest africaine de développement (Boad), c’est une conseillère Fcbe de la même ville qui apporte la contradiction. Dans une déclaration rendue publique en début de week end, Sofiath Baba Moussa Onifadé a pris la défense du gouvernement et affirme que l’accord de 4 milliards sera signé par Boni Yayi et demande aux populations d’être calmes. Elle a ajouté que le Chef de l’Etat est aussi soucieux du développement de la ville de Porto-Novo autant que le maire Océni. Seulement, elle dénonce le vice de procédure qui caractérise cet accord de prêt que le maire a pris unilatéralement la décision d’introduire auprès de la banque sans l’aval du gouvernement. Il a fallu que la banque demande au maire d’avoir la caution de l’Etat béninois avant que celui-ci ne se resolve à solliciter la couverture du gouvernement qui doit se porter garant pour de tels accords de prêt.  Bonne réaction pourrait-on dire mais à voir de près, deux choses gênent dans cette apologie.
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D’abord, la conseillère municipale a parlé tout comme si elle était le président Boni Yayi lui-même ou un de ses proches collaborateurs dont la mission est de porter les propos de ce dernier ou les responsabilités pouvaient préjuger de ce qu’elle est en mission pour le Chef de l’Etat.  A notre connaissance, cette dame qui occupe par ailleurs le rôle de Directrice regionale des œuvres universitaires à Abomey-Calavi (D-Crou) et qui doit avoir fort à faire de ce côté-là, n’a aucune responsabilité, ni au gouvernement, ni à la présidence de la république .Elle n’est qu’une élue locale qui detient un mandat électif de la population à la base. Elle doit défendre rien que les populations qui lui ont demandé d’être leur porte-parole dans le conseil communal.

Ensuite, le maire est la première personnalité de la ville et tout ce qu’il dit engage tous les conseillers municipaux quelles que soient leurs sensibilités politiques. Une fois qu’il a parlé c’est au nom des autres qu’il le fait .Et dans le cas d’espèce, c’est le conseil communal lui-même qui a demandé au maire de prospecter d’autres sources de financement pour les projets de la mairie. En procédant ainsi, Sofiath Onifadé donne l’impression d’être au-dessus de son maire par sa seule appartenance  au parti Fcbe. Elle rallume aussi les tiraillements politiques qui avaient prévalu dans ce conseil communal au début de cette mandature. Le rôle d’avocat joué grossièrement par cette dame pour justifier peut-être sa sinécure du campus met mal à l’aise beaucoup de personnes et démontre à la face du monde que le gouvernement manque de  gens valables pour défendre ses causes même les plus nobles.  
Enfin, on ne comprend pas la défense forcée que cette dernière s’acharne à jouer. Car, que l’on soit Porto-novien,  membre de la mouvance présidentielle ou de l’opposition, on devrait être fier de ce que outre la cagnotte financière mise à disposition par le gouvernement pour les préparatifs du cinquantenaire de l’indépendance,  le maire de la ville puisse apporter d’autres fonds. Car, le résultat final est le développement de la capitale. Mais, la réaction de Sofiath Onifadé fait penser qu’elle préfère que le conseil municipal  de la ville aux trois noms se contente de l’enveloppe financière gouvernementale. Autrement, un développement à moitié. Ce qui amène également à se demander si elle travaille réellement pour le développement de sa ville, la capitale de tous les Béninois.

{mosgoogle} Les uns et les autres doivent comprendre que face aux questions réelles de développement, pas celles aux effets d’annonces, il faut savoir jouer sa partition, la bonne, pour ne pas rater le train de l’histoire. Car, l’histoire retiendra ce que chacun aura fait pour son pays. Au lieu donc de jouer à l’opportuniste en ramant à contre courant et en se mettant en vedette pour attirer l’attention du chef sur soi, le mieux serait de penser réellement au développement de Porto-Novo.

Marcel Zouménou