La Nouvelle Tribune

Douane béninoise

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Deux affectations en trois mois pour Paul Gnimagnon

Les dernières affectations à la douane béninoise sont connues depuis quelques jours. Dans ce lot, figure Paul Gnimagnon,  qui a déjà subit une affectation il y a trois mois seulement. Le fait retient l’attention parce que l’intéressé est président d’un parti qui a déclaré son opposition au président Boni Yayi.

S’il est vrai que tout fonctionnaire d’Etat, en intégrant la fonction publique prête serment de « servir partout où besoin sera », il n’est pas moins réel que cela répond à une certaine norme. Or, apparemment, les dernières mutations à la douane béninoise semblent ne pas correspondre tout à fait à cela. En effet, dans le groupe des mutés, le nom de Paul Gnimagnon retient l’attention. Ceci pour la simple raison qu’il y a trois mois environ, il a été muté de son poste de l’aéroport international Bernardin Cardinal Gantin de Cotonou pour le secrétariat du ministère des finances. En son temps, la plupart des Béninois se sont accordés à reconnaître que son affectation était politique et répondait à la volonté du pouvoir de lui barrer la route. La raison, était qu’il avait quelques semaines plus tôt oser inscrire son parti le Nep-Mixalodo dans l’opposition. Aujourd’hui, trois mois à peine après, il est à nouveau parachuté comme directeur régional adjoint de l’Atacora-Donga. A priori, d’aucuns diraient qu’il s’agit d’une promotion. Mais, dans l’entourage de l’ancien militant communiste et au sein même de l’administration douanière, on estime le contraire. Pour ces derniers, Paul Gnimagnon est à moins de deux ans de sa retraite. Par conséquent, son affectation ne répond à aucune logique.

{mosgoogle}Et la tradition dans l’administration douanière est  tout autre. Ceux-ci n’hésitent pas à conclure à une nouvelle sanction dans le but d’éloigner l’intéressé de Cotonou afin que ses activités politiques en pâtissent. Puisqu’il est devenu trop gênant. Dans certains milieux politiques, on dénonce la chose. Mais, on estime que « éliminer celui qui dit la vérité, n’a jamais empêché la vérité d’éclore. Puisqu’il a eu le temps de semer la bonne nouvelle dans certains cœurs ». La mutation de Paul Gnimagnon répond-elle à cette logique ? Ses militants ne vont-ils pas trop vite en besogne ? Autant de question que l’avenir se chargera d’apporter des réponses.

Benoît Mètonou