La Nouvelle Tribune

Yayi cède aux pressions des syndicalistes

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La preuve que l’Ige est un instrument de chantage

Le chef de l’Etat a arrêté la mission de l’Inspection générale de l’Etat (Ige) à la bourse du travail. C’est sans nul doute la résultante des pressions des syndicalistes. Il cède ainsi aux pressions des responsables syndicaux qui ont promis de lui rendre la vie dure, car ils avaient interprété l’envoi d’Alidou Koussey à leur siège comme un harcèlement politique. Cette décision du chef de l’Etat pose un certain nombre de problèmes. Dans un premier temps, il y a une question de responsabilité. Le gouvernement doit apprendre à assumer les conséquences de ses actes. En principe pour un régime qui se respecte, quelles que soient les réactions des travailleurs, l’Ige devrait aller au bout de ses investigations. Ici, il s’agit du contrôle de la gestion des ressources du contribuable béninois mises à la disposition des syndicalistes. Si c’était réellement cela l’intention principale du président Boni Yayi, l’Inspecteur générale de l’Etat aurait dû finir son travail. Malheureusement, c’est le contraire qui s’est produit.

Cette volte-face du gouvernement face aux pressions des travailleurs montre qu’il y avait anguille sous roche dans l’envoi de l’Ige à la bourse du travail. Ceci donne naturellement raison à ceux qui pensent qu’on instrumentalise cette structure de contrôle républicain à des fins inavouées ou politiciennes. Apparemment, c’est ce à quoi les Béninois assistent, puisque c’est au lendemain de la gigantesque marche des travailleurs contre le pouvoir en place que Alidou Koussey et ses compagnons ont fait irruption dans les bureaux des responsables syndicaux. Par cette stratégie, le gouvernement croyait les intimider et les faire taire par l’Ige qui est pratiquement aux ordres du gouvernement, qu’on met aux trousses de ses contradicteurs. N’eût été la détermination des syndicalistes, le pouvoir en place ne serait pas arrivé à cette décision qui le ridiculise profondément. Dans le même contexte, selon les informations, ce n’est pas la première fois que le chef de l’Etat demande d’arrêter les travaux de l’Ige. Alidou Koussey aurait déjà détalé de la mairie de Cotonou face à la volonté du président de la République de mettre fin à ses investigations, afin de calmer les Soglo qui parlaient d’acharnement politique du gouvernement contre eux.

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Cette manière de fonctionner du pouvoir du Changement montre que le président Boni Yayi encourage la mauvaise gouvernance consciemment ou inconsciemment. « Nous sommes à l’ère où l’on agit avant de réfléchir, alors que c’est le contraire qui devrait se produire », a déclaré Lazare Sèhouéto, lors d’un débat sur les Gsm à l’Assemblée nationale. Telles que les choses se passent aujourd’hui, les faits lui donnent totalement raison. On s’aperçoit que le régime en place pose des actes sans réfléchir sur ses conséquences. Ceci est la preuve palpable que le gouvernement navigue à vue, cafouille et démontre son amateurisme dans la gestion de la chose publique.

Jules Yaovi Maoussi