La Nouvelle Tribune

Annulation des sanctions du ministre de l’Agriculture

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Encore une preuve de la cacophonie au sein du gouvernement

Les sanctions prises par le ministre de l’Agriculture, Grégoire Akofodji, contre les cadres impliqués dans la gestion catastrophique des intrants coton, ont été annulées sur instruction du chef de l’Etat Boni Yayi. Ce qui confirme une fois de plus, la cacophonie qui règne au sommet de l’Etat.


Le président Boni Yayi respecte-t-il ses collaborateurs ? Veut-il réellement lutter contre l’impunité ? Monte t-il ses ministres les uns contre les autres ? Y-a-t-il des intouchables dans son système ? Voilà autant de questions que l’on se pose aujourd’hui. De jour en jour, les faits donnent raison aux opposants qui dénoncent la manière cavalière dont il gouverne le pays. La nouvelle situation au ministère de l’Agriculture permet d’affirmer qu’il y a une véritable cacophonie au gouvernement du président Boni Yayi. En effet, le ministre de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche Grégoire Akofodji,  croyant bien faire en sanctionnant les cadres de son cabinet ayant mal conduit la gestion des intrants coton, a pris des mesures administratives contre les mis en cause.  Ainsi, il a limogé le directeur du service de protection des végétaux et le directeur de l’agriculture pour avoir ordonné sans autorisation, la distribution d’intrants agricoles, avant de s’envoler pour l’étranger. Mais, c’était sans compter sur la volonté du chef de l’Etat de protéger les accusés. Ce dernier a instruit son intérimaire, au moment où il  était absent, de réhabiliter les mis en cause. Quel désaveu !

Camouflet

 Cette décision est un véritable désaveu pour le ministre Grégoire Akofodji. Sous d’autres cieux, il devrait déposer son tablier,  pour avoir perdu la confiance du chef de l’Etat.  Il s’agit tout simplement d’une perte de crédibilité aussi bien auprès du chef de l’Etat que du personnel de son ministère pour le ministre Akofodji, et il devrait tirer toutes les conséquences. Les agents réhabilités peuvent t-ils encore recevoir des ordres de lui ?  Quel respect peuvent-ils lui accorder ? C’est comme s’il était devenu un ministre sans aucun pouvoir de décisions. Des ministres du genre sont nombreux au sein de l’Exécutif. Il y en a qui sont incapables de faire le moindre reproche à leurs subordonnés, parce que ces derniers savent que leur autorité de tutelle ne peut pas les sanctionner. Ce qui fait que dans les cabinets ministériels, il y a un désordre total. Dans ce remue-ménage, seuls les protégés du prince s’en sortent royalement aux dépens des autres.

{mosgoogle}Quels résultats peut-on avoir de manière concrète ? Rien. La preuve est que les maux que les Béninois dénonçaient hier sont revenus au galop. La corruption, le clientélisme, la mauvaise gestion des ressources humaines de l’Etat, la gabegie, le népotisme et autres tares de la société sont légion, alors qu’on chante tout le temps et sur tous les toits le Changement.   Le chef de l’Etat ne laisse pas ses ministres gérer les dossiers relevant de leurs compétences.  C’est ça le Changement prôner par Boni Yayi.

Jules Yaovi Maoussi