La Nouvelle Tribune

Retombées des voyages du chef de l’Etat?

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J-M. EhuzuLe ministre Jean-Marie Ehouzou réduit au silence

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marie Ehouzou, ne parle plus. Il a renoncé aux conférences de presse qu’il donnait après les voyages du chef de l’Etat. Une stratégie qui cache beaucoup de choses.


Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marie Ehouzou, est actuellement réduit au silence. Lui qui avait promis de faire chaque fois le point des voyages du chef de l’Etat de retour au pays, n’honore plus ses engagements. Il en fait maintenant un secret de polichinelle. Au lieu d’une conférence de presse en bonne et due forme comme il en avait l’habitude, M. Ehouzou préfère se limiter à quelques déclarations sur les antennes de la télévision nationale et cache au peuple béninois les vraies informations en toute violation de la loi, car la Constitution du 11 décembre 1990 stipule que le citoyen a droit à l’information et à la formation.

En effet, le président Boni Yayi était au dernier sommet de la Cen-Sad en Libye, en tant président sortant de cette organisation continentale. En douze mois d’exercice, qu’est-ce que le Bénin a fait en matière d’innovations ? Dans quelles conditions, le chef de l’Etat a déposé le tablier ? Quelles sont les grandes conclusions du dernier sommet ? Le président libyen a-t-il fait le reproche de la mauvaise gestion financière du sommet de Cotonou, puisque c’est cela qui fait l’actualité aujourd’hui ?

On s’attendait à ce que le ministre Jean-Marie Ehouzou, diplomate de formation, vienne donner des explications au peuple. Malheureusement, rien n’y fit. Il a alors gardé en lui les résultats de cette conférence. Certainement, il doit avoir des choses que le gouvernement cache aux Béninois. En dehors de l’affaire Cen-Sad, le président Boni Yayi était à Abuja au Nigeria. Jusqu’à l’heure actuelle, le ministre des Affaires étrangères est resté muet sur ce dossier. Il a adopté la même attitude suite à plusieurs autres sorties officielles du président de la République.

L’opinion publique ne comprend pas comment ce ministre qui avait la volonté de faire la différence puisse tomber très tôt dans le même sac que ses prédécesseurs. Toutefois, il y a quelques pistes de réflexions explorables. D’abord, il est dans un gouvernement où le chef n’aime pas qu’on lui ravisse la vedette dans les médias. Certainement, il aurait commencé par avoir une certaine côte de popularité qui gêne le prince. Il a vite compris qu’il faut rapidement se taire pour ne pas faire les frais de la foudre de son patron. De même, au cours de ses conférences de presse, les journalistes l’acculent de questions pertinentes auxquelles il a du mal à répondre.

{mosgoogle}Parfois le lendemain, certains organes de presse l’attaquent sérieusement. Comme Jean-Marie Ehouzou ne digère pas les critiques de la presse, il a peut-être choisi la voie du silence, afin d’éviter ces genres d’exercice qui risquent de l’emporter. Enfin, le contexte politique actuel est très critique pour le gouvernement. Parler mal maintenant est un danger pour le président Boni Yayi. Le ministre des Affaires étrangères prend alors des mesures pour ne pas envenimer la situation. Ehouzou a maintenant sa langue dans la poche. Donner des conférences de presse est devenu un exercice difficile pour lui. C’est la nouvelle stratégie du Changement.

Jules Yoavi Maoussi