La Nouvelle Tribune

Suite aux commentaires sur l’affaire Cen-sad

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Le gouvernement apporte des clarifications

Comme on pouvait s’y attendre, le gouvernement est monté au créneau hier pour apporter des clarifications sur le compte rendu du Conseil des ministres qui a étudié le rapport de l’Inspection générale d’Etat (Ige) qui met en cause l’ancien ministre des finances Soulé Mana Lawani en ce qui concerne la réhabilitation du Centre international de conférence de Cotonou (Cic) et du Palais des Congrès.


Ils étaient quatre à jouer aux avocats défenseurs dans ce dossier. Il s’agit du ministre porte-parole  du gouvernement, Victor Topanou, le ministre de l’urbanisme, François Noudégbessi, le Directeur national des marchés publics, Isidore Tossou et l’inspecteur général de l’Etat, Jacques Alidou Koussey.
Pour le ministre Topanou, suite à la publication du compte rendu du conseil extraordinaire du vendredi dernier, des commentaires tendancieux font état d’une certaine implication du chef de l’Etat dans les irrégularités qui ont émaillé  la réhabilitation du Cic et du palais des congrès. Ce qui est totalement faux, a-t-il argué. Le directeur national des marchés publics s’emploiera d’ailleurs à démontrer qu’à aucun niveau du processus d’attribution des marchés, le président ne puis intervenir puisque les textes ne le Code des marchés publics ne le prévoit pas. Quant au ministre Noudégbessi qui est totalement blanchi dans ce dossier, il s’est évertué à retracer la chronologie des faits jusqu’à son éviction du processus. Il a tout d’abord rappelé que c’est en 2002 qu’il s’est agi pour la première fois de prévoir dans le PIP un montant de 1 milliard 400 millions F Cfa pour la réfection du Cic. En Août 2007, poursuit-il, en vue du sommet de la Cen-sad, le ministre de l’économie et des finances a requis l’expertise du ministère de  l’urbanisme en ce qui concerne les travaux de réhabilitation du Cic et du palais des congrès. A travers un courrier à lui adresser en novembre 2007, le ministre Noudégbessi affirme avoir transmis au ministre des finances l’évaluation des travaux. Par rapport au Cic, le coût évalué est 2 415 047 556 F Cfa et celui du palais des congrès s’élevait à 2 058 954 278 F Cfa. Mais pour cause d’indisponibilité financière, le ministre des finances a estimé que les travaux ne pouvaient être effectués et a demandé que le ministère de l’urbanisme définisse plutôt les travaux essentiels par rapport au sommet de la Cen-sad. Ces travaux dits urgents devraient coûter 2 milliards 681 millions F Cfa. Par écrit, précise M. Noudébgessi, le ministre des finances a demandé l’élaboration des dossiers d’appel d’offre. C’était au mois de janvier, a-t-il ajouté. Ce qui a permis à la directrice du Cic de lancer un appel d’offre qui sera suspendu par son ministre qui a estimé qu’au ministère des finances dont dépendait le Cic, il existe une cellule de passation des marchés. Et c’est le niveau auquel la participation du ministère de l’urbanisme s’est arrêtée. Car, d’autres dossiers d’appel d’offre seront montés par le ministère des finances sans l’implication de son ministère. C’est essentiellement la justification que François Noudégbessi a apporté pour montrer qu’il n’était pas impliqué dans ce dossier.  
{mosgoogle}Quant à M. Alidou Koussey, il a laissé entendre que les travaux de son équipe sur le sommet de la Cen-sad subdivisés en sept (7) volets, ont révélé des irrégularités sur trois : la viabilisation des sites, la construction des villas et la réhabilitation du Cic et du palais des congrès. A la question de savoir pourquoi le ministre Noudégbessi n’est pas impliqué dans ce scandale, l’inspecteur général d’Etat explique que c’est à base de pièces qu’il juge. Autrement, aucune pièce ne confond le ministre de l’urbanisme.

Benoît Mètonou