La Nouvelle Tribune

Forte propension à l’extrémisme de la classe politique

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La nécessité d’exorciser le mal avant 2011

Bien d’observateurs indiquent que le Bénin amorce une phase critique de son existence avec les élections législatives et présidentielle de 2011. Mais déjà, bien qu’on soit encore à deux ans de ces échéances, on assiste à des envolées verbales qui frisent l’extrémisme et qu’il convient de dénoncer dès maintenant afin que l’irréparable ne soit atteint.


Mardi dernier, l’Assemblée nationale a connu des débats houleux au sujet d’une déclaration du ministre Fagnon qui interdirait que d’autres forces politiques viennent tenir des meetings dans son village natal de Dassa. Le chef de l’Etat interpellé à ce propos, n’a pas daigné reconnaître sa responsabilité ni condamner outre mesure les propos de son ministre. Certains parmi les députés n’ont pas hésité à rappeler que le président de la République est lui-même partisan de propos régionalistes. Le premier questeur de l’Assemblée nationale a laissé entendre qu’à Azowlissè Boni Yayi a déclaré que si les populations ne votaient pas pour lui, point de route, point d’eau potable, point de centres de santé. A Malanville, il aurait également accusé l’honorable Issa Salifou d’être d’ethnie Fon par conséquent les populations de ladite ville ne devraient pas lui accordé leurs suffrages. Rachidi Gbadamassi, néo ardent défenseur de Yayi après l’avoir copieusement chargé de tous les maux d’Israël, affirme que la candidature de Bio Tchané a pour finalité de permettre au sud de récupérer le pouvoir alors qu’il faudrait tout faire pour qu’il demeure au nord.  D’autres également estiment qu’il est temps que le pouvoir vienne au sud. Par conséquent, il faut que les sudistes s’unissent autour de quelques candidatures et suivent l’exemple des gens du nord.

{mosgoogle}De tels propos ne favorisent en rien le climat apaisé et pacifique qui  a toujours régné au Bénin. On note que plus l’échéance 2011 s’approche, plus les esprits semblent s’échauffer. Les enjeux étant de taille, les différents camps semblent être prêts à ne se faire aucune concession. Toutes choses qui met en péril le pays. Car, il faut le dire, les situations de crise qu’il y a dans certains pays sont parties de ces extrémistes et de ces déclarations d’intolérance. Que les tenants de ces propos, qui ne sont apparemment pas des hommes politiques conscients de l’avenir du peuple béninois, comprennent que sans cette paix qui règne au Bénin, ils ne seront peut-être pas là où ils sont. Toute la classe politique doit faire soin examen de conscience et savoir passion gardée face aux enjeux et ne jamais oublier que l’enjeu majeur reste et demeure le Bénin.

Benoît Mètonou