La Nouvelle Tribune

Après le limogeage de Lawani

Espace membre

Akoffodji permute avec Dovonou

Lundi dernier, c’est avec stupéfaction que les Béninois apprenaient le limogeage du ministre des finances et de l’économie. Dans le même temps, on annonce le changement de portefeuilles entre Grégoire Akoffodji, ministre de l’industrie et Roger Dovonou, ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche.
C’est quasi officiel. Le ministre de l’industrie, Grégoire Akoffodji,  prendra la place de son homologue Roger Dovonou à la tête du ministère de l’agriculture, de l’élevage et des pêches. Ce dernier fera à son tour le mouvement inverse pour s’occuper désormais du département ministériel en charge de l’industrie. C’est ainsi qu’aurait décidé le président de la République, le Dr Boni Yayi. Déjà, bon nombre de Béninois s’interroge sur le bien fondé de cette permutation de postes.

Permutation, à quelles fins ?

Tout d’abord, il faut reconnaître que le président de la République est le chef du gouvernement. A ce titre, il lui est loisible de nommer toute personne qu’il juge compétente au poste de son choix. C’est dire que Boni Yayi est libre de faire tous les réaménagements techniques possibles qui lui sont inspirés. A priori donc, que Grégoire Akoffodji aille remplacer Roger Dovonou, et vice-versa, cela ne pose aucun problème. Encore que les postes ministériels sont politiques, on peut se convaincre davantage que le Président Boni Yayi est dans ses prérogatives. Cependant, quand on accède au pouvoir avec le slogan « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut », il y a forcément quelque chose qui interpelle. Dans le même temps, ce n’est une science nouvelle pour personne que lorsque celui qui occupe les fonctions de ministre d’un secteur donné, a reçu une formation dans ledit domaine, que la performance est à dans une large proportion garantie. Alors qu’on enlève un  agronome pour un opérateur économique, on se demande si les résultats escomptés seront atteints quand bien même on sait que ce sont les cadres qui font tout le travail. 

{mosgoogle}Remarquons cependant que cette situation n’est pas la première du genre avec le régime actuel. L’un des exemples les plus édifiants de cette manière de gérer reste la nomination de Armand Zinzindohoué à la tête du ministère de l’intérieur et de la sécurité publique alors qu’il se plaisait bien dans son ministère d’origine, les travaux publics et le transport. Beaucoup d’autres cas existent et l’inquiétude va grandissant quand le menuisier est envoyé tenir la truelle à la place du maçon.

Benoît Mètonou