La Nouvelle Tribune

Déclaration d’opposition du Nep au régime Yayi

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Une leçon à la classe politique

Le Nouvel élan pour la patrie (Nep-Mixalodo) a donné une leçon à l’ensemble de la classe politique nationale en affirmant son opposition au président Boni Yayi. C’est une preuve de conviction à enseigner.
Le Nouvel élan pour la patrie (Nep-Mixalodo) de Paul Gnimagnon s’est déclaré adversaire du régime du président Boni Yayi. Il prend cette option dans un pays où l’on ne veut pas se réclamer de l’opposition. A voir le contexte politique actuel, il n’est pas exagéré d’affirmer que le bloc-Gnimagnon a fait preuve d’audace politique à encourager. C’est le symbole de la responsabilité d’un groupe constitué d’hommes de conviction capables de mettre fin au brodel auquel les Béninois assistent depuis 2006. Le Nep-Mixalodo est un groupe de jeunes ayant une expérience politique avérée. Paul Gnimagnon était un communiste connu dans les milieux politiques béninois, quand bien même il est douanier en fonction. Dans son camp, il y a le bouillant Séraphin Agbahoungbata, ancien membre très actif du Parti communiste du Bénin (Pcb). On ne le présente plus. Il a mené des luttes implacables contre l’injustice dans ce pays. A cet effet, il a connu le maquis pendant la période révolutionnaire sous le règne du président Mathieu Kérékou, dictateur de 1972 à 1989. Responsable d’étudiants, il continue de faire la fierté de la communauté estudiantine par son combat pour la défense des droits de l’Homme. C’est dire que le Nep-Mixalodo n’est pas un groupe de parvenus en politique. Il est constitué d’hommes ayant une expérience dans la lutte politique. Donc, ils ont une idéologie, quand ils prennent une position donnée.
Contrairement aux G et F où il y a plus d’hommes d’affaires que de politiciens avérés, le Nep-Mixalodo a vision. La cacophonie au G13 en est une preuve palpable. Après le départ du député Rachidi Gbadamassi, il y a encore des problèmes énormes. Cyriaque Domingo et Edmond Agoua, tous deux, hommes d’affaires, sont sur la pointe de quitter leurs alliés. Pourquoi ce groupe est dans cette zone de turbulence ? C’était parce que la conviction n’y était pas au rendez-vous. Le G13 était un clan de députés défendant leurs intérêts menacés par le gouvernement (L’escorte et le regroupement des véhicules d’occasion). Du côté du G4, c’est presque le même scénario. La Renaissance du Bénin (Rb), le Mouvement africain pour la démocratie et le progrès (Madep), le Parti social-démocrate (Psd) et le Parti du renouveau démocratique (Prd) n’ont peut-être pas le même objectif. Pour certains, on est opposant le jour et on rase les murs du pouvoir, la nuit. Il y ressort une hypocrisie politique inqualifiable. C’est seulement Force-clé de Lazare Sèhouéto qui essaie de faire la différence. Pour preuve, ce groupe était le seul à avoir relevé les insuffisances de la loi sur la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Cela se comprend dans la mesure où ce bloc est l’émanation d’un long processus. Ses composantes sont parties de l’université pour créer l’institut Kilimandjaro. M. Sèhouéto et ses amis ont milité dans la société civile, avant d’être sur le terrain politique. C’est ce qui fait la rigueur qui caractérise l’alliance Force-clé.

{mosgoogle}Tout cela montre qu’on ne s’improvise pas homme politique. Il faut nécessairement avoir un parcours. C’est ce qui manque à certains qui réclament de la classe politique. Même au sein du pouvoir, le problème se pose. Quelle expérience politique le président Boni Yayi avait-il avant de prendre la direction de l’Etat béninois ? Rien. Ce n’est donc pas étonnant qu’il commette des impairs dans sa gestion. Tout est alors à revoir. C’est comme si les vrais hommes politiques ont abandonné le terrain aux arrivistes.

Jules Yaovi Maoussi