La Nouvelle Tribune

Coalition G et F

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La guerre des intérêts a-t-elle commencé ?

L’intergroupe politique composé du G4, du G13 et des Forces Clé semble être en proie à une contradiction interne. Ce qui, à voir de près, n’est apparemment que la guerre des intérêts politiques et individuels.
Cette semaine, la manifestation de cette divergence de point de vue s’est révélée deux fois aux Béninois. Il s’agit d’abord du vote de la loi sur la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). A cette occasion, pendant que les députés pratiquaient la politique de la chaise vide,  les députés des autres composantes de la coalition étaient  sur place et ont donné leur quitus aux côtés du camp présidentiel. La seconde manifestation de cette « incompréhension » découle de la désignation des députés devant siéger au sein de la Haute Cour de justice et ceux devant aller dans les parlements régionaux. A la plénière qui a connu de ce dossier, on a noté la présence des députés du parti de la Renaissance du Bénin (Rb). Il y avait également deux députés qui se sont isolés de leurs partis et qui ont marqué d’une manière ou d’une autre leur présence au Palais des Gouverneurs de Porto-Novo. Il s’agit de l’honorable Louis Vlavonou du Madep, qui était présent physiquement pendant que son collègue Edmond Agoua a délivré une procuration à un de ses collègues. A la fin des travaux, on constate que la présence de la Rb et de ses deux députés « errants », n’était pas innocente. En effet, pendant qu’une forte colonie de députés de la Rb se retrouve dans les parlements sous-régionaux et régionaux ainsi qu’à la Haute cour de justice, Louis Vlavonou et son compère Edmond Agoua, se sont faits élire pour siéger au niveau de la dernière institution ci-dessus mentionnée. Ce qui prouve clairement que c’est pour aller défendre leurs intérêts qu’ils se sont rendus à l’Hémicycle argumentant qu’ils n’avaient pas l’information de boycotter la séance.

Agoua atteint son objectif

On se souvient que la désignation des députés devant siéger à la Haute cour de justice a connu de nombreux rebondissements. Déjà en première désignation, le député Edmond Agoua n’a pas caché son intense désir de faire partie de ce groupe-là. Ce qui ne lui a pas été accordé par ses alliés au sein du G13. Il avait d’ailleurs menacé de quitter les rangs s’il n’obtenait pas satisfaction. Mieux, il exigeait que ce soit la place du questeur Sazka Fikara qui lui revienne. 

{mosgoogle}Ce fut peine perdue pour lui. Ses amis ne changèrent pas d’avis. C’est alors qu’il s’était aussi présenté comme candidat. Sur les 83 voix, il n’avait récolté que 6. Ce qui calma apparemment ses ardeurs juste pendant un temps. Mais, le voilà désormais membres de cette Haute Cour de justice. Par quelle alchimie se demande-t-on. Cela ne pas être venue ex-nihilo. Surtout qu’il n’était pas présent dans l’Hémicycle au moment du vote, plusieurs interrogations demeurent sans réponses sur son élection. N’était-il pas assuré de passer avec la bénédiction du camp d’en face ? Toujours est-il qu’il vient de montrer à ses alliés qu’il sait œuvrer pour obtenir ce qu’il. Comme le disent certains, il n’est plus loin de la cage à piège de Yayi à l’instar de son acolyte Rachdi Gbadamassi. Finalement la politique ne se résume-t-elle qu’aux intérêts ?

Benoît Mètonou