La Nouvelle Tribune

Déclaration Force Clé au sujet du vote de la loi relative au Rena et à la Lépi

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L’Assemblée Nationale a voté, le lundi 4 Mai 2009, une loi relative à l’organisation du Recensement Electoral National Approfondi (RENA) et à la mise en place de la Liste Electorale Permanente Informatisée (LEPI). Les députés Force Clé, en accord avec les orientations du Bureau Politique de leur formation politique, se sont activement engagés pour la prise d’une telle loi qui constituerait une avancée majeure.

Mais il y a des avancées fictives et des avancées qui vous conduisent dans le gouffre. C’est bien le cas de la loi votée, car elle contient des dispositions de nature à empêcher l’utilisation de la LEPI en 2011. L’aspiration de notre peuple à faire des avancées qui sauvegardent notre démocratie, encore une fois, a été piégée, dévoyée.

De quoi s’agit il ?
En s’engageant depuis 1999 dans la dynamique visant l’établissement de la LEPI, les démocrates sincères voulaient éliminer les fraudes. Déjà introduite en 1991, aux moyens des résultats proclamés depuis le Ministère de l’Intérieur plongé dans l’obscurité, la culture de la fraude s’est progressivement enracinée et corrompt tout notre système électoral. C’est pourquoi, il était et reste vital de voter une loi qui rende réalisable la LEPI, tant au plan juridique que technique. Mais il a été aisé de constater que ceux qui ont fondé et entretiennent leur vie politique grâce à la culture de la fraude, ont jeté les masques : ils ont fait feu de tout bois, pour faire passer en force une loi, qu’ils ont rendue eux mêmes inapplicable, si l’on tient compte des délais qui nous séparent des échéances de 2011. Devant l’opinion, ils singent les défenseurs de la LEPI, alors qu’ils en sont de résolus fossoyeurs. C’est pourquoi, après toutes les vaines tentatives d’explication et d’amendement, les députés Force Clé ont décidé de ne pas participer à cette mascarade et à cette insulte à l’intelligence du peuple béninois.Il s’agit de voter une LEPI, issue d’un consensus entre les acteurs et non d’une LEPI obtenue de force, par la corruption de certains députés et des manoeuvres malsaines. Il s’agit de voter une LEPI que l’on peut mettre en place pour organiser les élections de 2011 au moins et non d’un ornement pour se donner bonne conscience. La loi telle que votée le lundi 4 Mai 2009 interpelle tous les démocrates, de par les nombreux pièges qui y ont trouvé refuge.

Où se situent les Pièges ?
En dehors des dispositions concoctées pour assurer le contrôle de l’Etat FCBE sur tout le processus, il y a des questions vitales qui conduiront au blocage de la mise en place du RENA et de la LEPI, au plan organisationnel et au plan technique, si rien n’est fait pour améliorer la loi prétendument « votée à l’unanimité moins une abstention ».

En voulant enregistrer la couleur des yeux, la couleur des cheveux, le teint, la taille, etc., données parfois très variables, mais qui ne garantissent pas plus de fiabilité que les empreintes digitales capturées par des moyens électroniques, que veulent ils ? Que veulent ils en voulant faire capturer les empreintes des dix doigts de la main au lieu de deux doigts? Rallonger inutilement les délais et les coûts, en comptant sur d’hypothétiques « bailleurs de fonds », comme si ces derniers devaient utiliser les ressources de leurs contribuables pour financer des irrationalités. En prévoyant pour le recensement et pour l’enregistrement des citoyens un délai de 90 jours, alors qu’il en faut le double, que visent ils ? Faire de l’économie ? Non ! Ils préparent le désordre et la confusion qui vont conduire, dans l’improvisation et la précipitation, soit à des opérations illégales ou à des décisions de prorogation de délai, non encadrées par la loi.

En rendant certaines données obligatoires, par exemple, les coordonnées GPS des centres et bureaux de vote qui n’existent pas a priori, que veulent ils ? Pourquoi exiger casiers judiciaires et certificats de nationalité dans le cadre du recrutement des agents de recensement et des agents d’enregistrement évalués à plus de trente et cinq mille (35 000) personnes ? Quel tribunal au Bénin, peut il délivrer en moyenne 10 000 casiers  judiciaires et 10 000 certificats de nationalité, en deux semaines et avec quelle fiabilité ?
{mosgoogle}Il s’agit là de quelques uns des embuscades divers, insidieusement et cyniquement introduits sur le parcours d’ici à 18 mois, délai au delà duquel, ils nous feront constater, avec de faux airs de désolation, qu’il ne serait plus possible d’utiliser la LEPI pour les élections de 2011 ! Le cynisme politique a des limites. L’Etat FCBE et ses complices ne veulent pas d’élections transparentes et pacifiques. Ils veulent le pouvoir à tout prix, même s’il leur faut faire basculer le pays dans la violence. Nous ne pouvons et nous ne devons pas le permettre. Nous en appelons AU SENS DE L’ETAT du Président de la République, afin qu’il demande une deuxième lecture de cette loi, sauf s’il est commanditaire ou complice de ce complot contre le Peuple ! Aux partis politiques et aux organisations de la société civile, nous demandons de faire front afin, qu’en tout état de choses, ils préviennent et déjouent ce plan machiavélique contre la transparence des élections en 2011.

Enfants du Bénin, debout
Fait à Cotonou, le 5 Mai 2009
Le Bureau Politique de Force Clé