La Nouvelle Tribune

Gestion des affaires publiques

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Y. BoniYayi tourne dos au peuple

Les considérations politiciennes ont pris le pas sur la gestion des affaires publiques à l’ère du changement du président Boni Yayi. La situation s’aggrave au fur et à mesure que les élections de 2011 s’approchent.


Le président Boni Yayi a-t-il encore les préoccupations du peuple au cœur de ses actions ? Visiblement, il est difficile de répondre à cette interrogation par l’affirmatif. Mieux, les faits sur le terrain démontrent que les aspirations réelles du peuple béninois souverain sont reléguées au second plan au profit des manœuvres politiciennes. Ce qui fait dire à plus d’uns que le changement est en train de ramer à contre-courant. A cet effet, la campagne électorale précoce est érigée en système de direction au sommet de l’Etat. Elle se caractérise par des descentes tous azimuts des ministres à la recherche des terres cultivables comme s’il n’y avait pas dans le pays, des structures habiletés à fournir de telles données ou à mener de telles actions. Les Béninois n’étant pas dupes, tout le monde comprend que c’est une stratégie électoraliste, alors que les vrais problèmes de l’agriculture béninoise sont sans solutions efficaces. La campagne agricole du chef de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national s’inscrit dans la même logique. Point n’est besoin de s’informer outre mesure pour constater que les attaques contre l’opposition à l’Assemblée nationale dament le pion aux idéaux de la modernisation du monde agricole pour assurer le développement national. A tout cela s’ajoutent les marches de soutien, les rencontres du chef de l’Etat avec les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) et les montées au créneau des fanatiques du pouvoir. Ces genres d’attitudes empêchent le gouvernement constituent des entraves qui empêchent le régime actuel d’atteindre les objectifs de développement.

{mosgoogle}La lutte contre la corruption, le clientélisme et la mauvaise gouvernance est reléguée au second plan aujourd’hui. Pour preuve, les maux dénoncés hier par le peuple sont encore d’actualité. Le pire est qu’on assiste à leur aggravation. Que sont devenus les résultats des audits et les poursuites engagées contre les mis en cause? Rien. Les aspirations de la masse populaire en 2006 en votant massivement pour le leader du changement sont largement déçues. Et aujourd’hui, le peuple est abandonné à son strict sort. Les hommes politiques qui devraient défendre le peuple face aux dérives sont corrompus et roulent pour le pouvoir à cause de leurs intérêts personnels. La société civile qui devrait faire la part des choses garde un silence assourdissant sur les questions de développement et ne réagit que quand il s’agit des problèmes politiques. C’est comme si tout le monde a tourné dos peuple. Le peuple devrait en tirer leçon et savoir désormais faire le choix de ses dirigeants.

Jules Yaovi Maoussi