La Nouvelle Tribune

Présence du chef de l’Etat lors du match Bordeaux-Vannes en France

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Quel intérêt pour les Béninois ?

Décidément, le président Boni Yayi ne sait plus comment impressionner ses concitoyens. Sa dernière trouvaille est sa présence aux côtés de son homologue français, Nicolas Sarkozy pour assister à la finale de la coupe de la ligue qui a opposé le club de Bordeaux  à celui de Vannes samedi dernier. C’était sans compter que malgré leur amour pour le cuir rond, il n’en demeure pas que les Béninois sont d’abord préoccupés par le sort qui est fait au football dans leur pays. Encore, qu’ils attendent de comprendre l’intérêt que cela revêt pour eux.


A grand renfort médiatique les Béninois ont été invités à suivre sur la chaîne de télévision nationale la retransmission du match de football opposant deux clubs français (Bordeaux et Vannes) dans le cadre de la finale de la ligue. La raison principale en était que le chef de l’Etat béninois se trouvait parmi les spectateurs du jour parce qu’invité par Nicolas Sarkozy. Cela suffisait donc que l’on jubile et qu’on applaudisse à se rompre les phalanges que le président béninois est invité à un match de football par son pair français. Considérée dans tous les sens, on ne perçoit aucune pertinence à la chose.  On ne voit pas l’intérêt que cela représente pour les Béninois que la présence de leur président soit un spectateur d’un match en France, soit une fierté pour eux. On ne saurait dire que c’est parce qu’il y a des joueurs Béninois dans les rangs de ces clubs que par fierté, il est allé applaudir leurs prouesses. Les Béninois ne comprennent pas qu’alors qu’il se pose des problèmes sérieux à leur existence, on leur impose un match auquel assiste leur chef à plus de 7.000 kilomètres pendant que les grandes chaînes de télévisions françaises mêmes ne s’en préoccupent pas.

{mosgoogle}Mais juste parce que leur président suit le match alors eux aussi devraient le suivre au mépris du programme qui leur est habituellement proposé. Mieux, on ressort la fierté que le chef de l’Etat suit un match de football aux côtés de Nicolas Sarkozy, alors que si ce dernier venait aujourd’hui au Bénin, Yayi ne pourrait faire pareil. L’état comateux du football béninois en est la raison. Le championnat est inexistant. Et cela est connu de tout le monde. Le président devrait plutôt s’investir à remettre cette discipline sur les rails (surtout pas ceux de l’Ocbn).  La situation du football béninois seul suffisait pour amener le chef de l’Etat à décliner cette invitation. Malheureusement, la joie de la délégation présidentielle était si grande qu’elle a organisé une gigantesque communication autour de l’événement. Un octogénaire qui a dénoncé la chose, n’a pu s’empêcher de penser aux temps coloniaux. Pour lui, le président béninois n’a servi à autre chose qu’au décor comme l’ont autrefois fait, les gouverneurs coloniaux. Toute chose insupportable pour tout citoyen qui aime véritablement son pays.

Benoît Mètonou