La Nouvelle Tribune

Transhumance politique

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La nécessité d’une réglementation

Avec la démission de l’honorable Rachidi Gbadamassi, les Béninois sont, une fois de plus, confrontés au honteux phénomène de la transhumance politique. Un phénomène qui, non seulement avilit l’intéressé, mais aussi prostitue le mandat des électeurs. D’où la nécessité d’une législation en la matière.


Apparue comme un épiphénomène de la mauvaise gestion des affaires de l’Etat à une certaine période de l’histoire politique du Bénin, la transhumance est devenue au fil des ans une gangrène que traîne la classe politique.  Celle-ci, loin d’en prendre conscience et d’en rechercher les voies et moyens pour contrer le mal, s’adonne à cœur joie. A chaque transhumance, tous ces hommes politiques (surtout ceux que cela n’arrange pas), condamnent la chose avec l’hypocrisie feinte d’une adolescente. Aucune action n’est entreprise pour mettre fin réellement à la chose. Dès lors, la porte reste toujours ouverte à d’éventuelles défections. Ce faisant, c’est le mandat des électeurs qui est ainsi prostitué. Ceux en qui ils ont mis leur confiance, en connaissance de leur bord politique, sans consultation préalable, choisissent de les trahir.

{mosgoogle} Ce qui non seulement est une insulte pour les milliers de Béninois qui portent leurs suffrages sur eux, mais aussi un manque de conviction de l’auteur de cet acte peu honorable et indigne. Il faut cependant rappeler qu’il y a quelques années, la Cour constitutionnelle a connu du cas. Sa décision fut qu’il ne fallait pas entraver la liberté de l’individu de pouvoir choisir son bord politique à tout moment. Mais, ce que la Cour n’ignore pourtant pas, est que la liberté individuelle ne saurait être au-dessus de la liberté collective.  Le Niger, le Mali et un certain nombre de pays de la sous-région qui vivent également le même phénomène ont su pourtant trouver la réponse adéquate. Dans ces pays, dès que le député change de bord politique en cours de législature, la sentence est qu’il perd son siège au profit de son suppléant. Si celui-ci va également dans le même sens que son titulaire, le siège est tout simplement sans mandataire. Puisque les populations n’ont guère voté pour le parti que le transhumant a rejoint. Voilà des pays, qui prennent le Bénin pour exemple en matière de démocratie. Pendant ce temps, les politiciens Béninois, obnubilés par leurs intérêts égoïstes et avides de gain facile, préfèrent continuer par refuser de légiférer sur la question. Le règne de l’immorale prend de plus en plus d’ampleur dans le landerneau politique béninois.  Face à cet état de choses, la Cour constitutionnelle doit pouvoir revenir sur sa décision qui constitue une bien fâcheuse jurisprudence pour l’avancée de la démocratie.

Benoît Mètonou