La Nouvelle Tribune

Mécontentements au sein de la mouvance

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Les Fcbe s’affrontent à Abomey-Calavi

A deux ans de la présidentielle de 2011qui s’annonce très ouverte, la première commune au sud pourvoyeuse de voix à Boni Yayi en 2006, est en bonne voie de lui échapper. La commune d’Abomey-Calavi, est en passe de tomber dans l’escarcelle de l’opposition.


A l’origine de cette situation, une erreur de stratégie politique du chef de l’Etat qui consiste à promouvoir les ouvriers de la 36ème heure au détriment des vrais artisans de sa large victoire en 2006 dans cette commue, la deuxième plus peuplée du Bénin après Cotonou. Ce qui fait que les Fcbe se mangent le nez dans cette localité.

Dans la commune d’Abomey-Calavi, les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) ne parlent plus le même langage. Les supporters des premières heures du président Boni Yayi sont mécontents. Ils n’approuvent pas la promotion des ouvriers de la 36ème heure, jadis dans l’opposition et qui les avaient combattus dans leur soutien au candidat Boni Yayi, et qui  sont faits aujourd’hui ministres et chargés de mission. Ils sont très révoltés de leur mise à l’écart dans la gestion du changement. Pour eux, le président de la République est en train de commettre l’erreur grave de croire qu’il suffit d’avoir un maire acquis à sa cause pour avoir le soutien majoritaire de sa population.

Selon les informations, c’est ce sentiment de malaise général qui règne au sein des militants Fcbe d’Abomey-Calavi qui serait en train de bouleverser les données en faveur de l’opposition. Plus rien ne va dans cette commune qui était totalement acquise à la cause du président de la République. Tous les élus locaux, la plupart des conseillers communaux des Fcbe et les Ca des neuf arrondissements sont mécontents. Le comportement très peu orthodoxe de responsables Fcbe aujourd’hui aggrave la situation. La crise s’est faite remarquer par le boycott par les premiers artisans de la victoire du meeting du 20 février 2009. Victor Topanou et consorts qui jouissent des avantages du changement, ne disent pas la réalité du terrain au chef de l’Etat.
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Il est indiqué que le chef de l’Etat devrait s’assurer du poids électoral de ceux-là qu’il nomme. De sources concordantes, l’opposition consciente de ce malaise créé le gouvernement a mis sur pieds un plan en trois phases de reconquête de son électorat perdu en 2006. La première consiste à s’infiltrer dans les nominations jusqu’au niveau gouvernemental pour saboter les intérêts du pouvoir à Abomey-Calavi et ailleurs. Ensuite, il s’agit de positionner des candidats dans ses fiefs pour l’affaiblir. La troisième phase qui est actuellement en train d’être exécutée consiste à procéder au débauchage des noyaux durs des artisans et militants de premières heures qui ont porté Boni Yayi au pouvoir.

Les statistiques sont sans équivoque. En 2006, la commune d’Abomey-Calavi a fait basculer la victoire dans le camp du président Boni Yayi avec à la clé 286.000 voix devançant ainsi toutes les communes de l’Atlantique. Les artisans de cette victoire ont alors mené de durs combats contre la Rb et le Prd.

La solution pour Boni Yayi.

Face à ce malaise ambiant à Abomey-calavi, des voix s’élèvent pour que des actions s’imposent. On souligne que le président de la République doit inviter les noyaux durs des Fcbe, tous les vétérans du changement dans la commune et les membres des coordinations des 9 arrondissements à une séance de vérité pour dénouer la crise. On lui demande de procéder au positionnement, surtout dans le prochain gouvernement,  des personnes capables de rivaliser avec ses opposants qui s’organisent discrètement sur le terrain à Abomey-Calavi. Les Fcbe veulent que Boni Yayi réduisent l’influence trop grande de l’actuelle équipe dirigeante des Fcbe à Abomey-Calavi.
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Cela est fondamental pour la relance des activités dans cette localité stratégique pour 2011. Si cette crise n’est pas résolue, l’opposition en position de force à Cotonou et Zè a toutes les chances de s’accaparer d’Abomey-Calavi. L’axe Cotonou-Abomey Calavi –Zè risque d’être fatal pour la mouvance.

Jules Yaovi Maoussi