La Nouvelle Tribune

Renaissance du Bénin

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L. SogloLéhady, une candidature certaine en 2011

A qui échoit aujourd’hui le patrimoine politique du parti la Renaissance du Bénin (Rb) ? A cette interrogation, on répondrait sans sourciller. Léhady Soglo, pour bien des raisons. Mais ces rivalités  avec son frère cadet, Galiou Soglo, lui donneraient-elles les coudées franches pour assouvir ses ambitions politiques, dont la conquête de la magistrature suprême reste ce jour sa principale obsession, en dépit de l’idée d’une candidature unique au sein du G4 ?


Avec combien de candidats le G4 irait-il à l’élection présidentielle de 2011 ? À cette question Tous ses membres répondraient  un seul, y compris Adrien Houngbédji et bien entendu  Léhady Soglo. Mais chacun sait en son for intérieur  que cela ne serait pas très évident, au regard de certaines réalités dont les manifestations font déjà jour sur le terrain. En effet, s’il est vrai que la victoire de ce regroupement politique passe largement par l’option de la candidature unique, il n’en demeure pas moins vrai que dans le fond des choses, cela ne fait pas l’affaire de tout le monde.  Et c’est en cela que devrait normalement résider la force du groupe ; la capacité des uns et des autres à faire violence sur eux-mêmes, à se faire confiance et à accepter de se remettre en cause au profit de celui que l’ensemble aura retenu comme ayant  plus de chance de ramener la victoire au bercail.

Mais déjà des incertitudes planent sur  la réalisation d’un tel consensus. Ainsi, il se révèle de plus en plus que les G ne parlent plus le même langage. Aujourd’hui, tout laisse croire que le G13  est en train de se démarquer  de cet ensemble pour  afficher on indépendance et donner le ton de sa liberté à choisir son propre candidat pour 2011. Et,  sauf retournement de dernière heure, celui-ci est déjà  bien connu, en la personne d’Abdoulaye Bio Tchané, actuel président de la Banque ouest africaine de développement (Boad).
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Le G4 est donc parti pour faire cavalier seul, éventuellement avec Force clé,  si celle-ci  et les leaders du Prd parviennent  à bien s’expliquer par rapport à 2006 et si la guerre de leadership entre Léhady Soglo et Lazare Sèhouéto  venait à s’estomper.  Cependant, le premier adjoint au maire de Cotonou, visiblement, aura de la peine à s’inscrire dans cette logique, même si aujourd’hui, tous ses discours laissent apparaitre le contraire.

Un candidat certain

Léhady Soglo n’est peut-être pas de mauvaise foi.  Seulement, il semble avoir des contingences qui le retiennent  et qui le poussent vers sa propre candidature.  En effet, il y a longtemps qu’il s’était mis dans la peau de successeur naturel de son père, Nicéphore Soglo. Et c’est justement dans cette logique, avec le soutien de ce dernier et de sa mère qu’il a été fait candidat en 2006.  Ce positionnement lui a sans doute  donné, depuis  lors,  une meilleure étoffe  politique au plan national.  Mieux, il semble avoir désormais  une mainmise quasi-totale sur le parti,  dont les instances semblent   acquises à sa cause. Le seul véritable handicap qui a failli lui compromettre ses acquis politiques a été son frère cadet, Galiou Soglo, ministre en charge de la Culture, utilisé par le pouvoir  pour obtenir le soutien  du parti. Au départ, la Rb était partie pour  se rallier au régime de Yayi, le ministre Soglo ayant réussi, à la surprise générale, à obtenir momentanément  un début  d’approbation  de sa mère, présidente de la Rb.  Cela s’est manifesté au prime abord  par le vote du budget de l’Etat de 2009, grâce au soutien inattendu des députés de la Rb, sous le mot d’ordre de la présidente.

Comme pour  rassurer ceux qui n’arrivaient pas à  croire à ce revirement, l’honorable Epiphane Quenum, député Rb, apparemment l’homme de main de la présidente et aussi celui sur qui le pouvoir,  via le ministre Galiou Soglo,  fondait ses meilleurs espoirs pour la réussite de cette nouvelle aventure, monte au créneau quelques semaines  plus tard, pour préciser à ceux qui voulaient l’entendre, les nouvelles intentions du parti.  D’aucun y ont vu un coup de force politique, car la conférence de presse  avait eu lieu à un moment  où tous les ténors du parti étaient absents du territoire national : le  maire Nicéphore Soglo, son épouse Rosine, la présidente du parti et  Léhady Soglo, qui lui est resté farouchement opposé à ce choix. Pour ses proches, celui-ci venait de recevoir un poignard dans le dos ; alors que d’aucuns étaient persuadés  que c’était une machination montée de toute pièce pour faire avaler la pilule aux militants et faire de Quenum un  bouc émissaire.

Renversement de situation

Mais un nouveau rebondissement ne tardera  pas. La Rb est du G4, opposé au pouvoir en place. Léhady Soglo, principal instigateur de ce regroupement, n’admet cette collaboration avec le pouvoir  en place . Il  s’emploie donc à  renverser la vapeur  en sa faveur et obtient de sa mère-présidente, une conférence de presse au cours de laquelle celle-ci, prenant le contre-pied de Quenum, mais  sans le condamner,  réaffirme l’appartenance de la Rb au G4, tout en radicalisant sa position vis-à-vis du pouvoir de Yayi. A l’issue de cette conférence, on pouvait voir Léhady  Soglo tenir fièrement  sa mère par le bras, comme pour  exprimer à tous sa victoire et signifier ainsi qu’il avait désormais toute la confiance de celle-ci, contrairement  à ce que certains événements, comme le vote du budget par la Rb, aurait pu laisser croire. C’était donc ainsi, la victoire de Léhady contre Galiou.  

Deux derniers événements sont venus corroborer  cette détermination du premier adjoint au maire, le cambriolage du siège du parti, où il était seul aux côtés  de son père, le maire de Cotonou,  et la marche des jeunes du parti hier sur le ministère de l’Intérieur ; une manifestation organisée par le soin de ses lieutenants très actifs sur le terrain. On a compris donc que c’était un défi pour le premier adjoint au maire de Cotonou d’avoir le parti soudé derrière lui seul, puisque cela  reste la véritable arme et le meilleur prétexte dont il entend se prévaloir pour réussir à dicter sa loi au sein du G4.
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Une formation politique,  à qui l’on attribue encore, malgré tout, une bonne partie de l’électorat du sud, ne peut se permettre d’être absent  de la joute électorale  la plus prisée,  pourrait argumenter  Léhady Soglo pour justifier la nécessité de sa candidature en 2011.

Alain C. Assogba