La Nouvelle Tribune

Ministère de la culture et de l’alphabétisation

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G. Soglo

Galiou Soglo supprime la mission d’alphabétisation

(La promotion des langues nationales hypothéquée et renvoyée aux calendes grecques)
Créée sous l’ancien ministre Roger Gbégnonvi, la mission d’alphabétisation et d’introduction des langues nationales dans le système éducatif béninois vient d’être dissoute par le ministre Galiou Soglo au grand dam des enseignants et autres linguistes chargés de l’animer. Une décision qui hypothèque la promotion des langues nationales et contraste avec la volonté affichée du chef de l’Etat à ce sujet.
La mission d’alphabétisation et d’introduction des langues nationales dans le système éducatif n’existe plus. Ainsi en a décidé le ministre Galiou Soglo en charge de ce secteur. En ses lieu et place, rien encore. Si non le projet de création d’un service devant s’occuper du domaine. Les motifs qui sous-tendent un tel acte sont pour le moins incompréhensibles. Il y a par exemple la création du conseil national de l’éducation par le chef de l’Etat qui est brandi comme prétexte.  Alors que cette mission a été recommandés par le colloque de Possotomé qui a rassemblé des professeurs linguistes et spécialistes de l’alphabétisation sous l’ancien ministre Roger Gbégnonvi à qui le président avait spécialement conçu le département de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales.

Mieux, cette mission sera entérinée lors du forum sur l’éducation. Elle avait comme tâche l’élaboration de la politique en matière d’alphabétisation et de créer le cadre adéquat pour l’introduction des langues dans l’éducation. Elle était animée par d’éminents professeurs d’université tels que l’ancien ministre Ali Houdou, Léon Bio Bigou, et bien d’autres. L’équipe était dirigée par le professeur Georges Guédou. Toutes ces éminences grises ont été évacuées par le nouveau maître du ministère de la culture, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales.
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Pour recueillir les résultats des travaux que mènent depuis plus d’un an cette équipe, le directeur de cabinet a mis sur pied un comité de quatre membres. L’ancienne équipe avait été sommée sans ménagement de déposer les tabliers vendredi dernier. Selon nos sources, le professeur Georges Guédou tout en déplorant le manque d’élégance avec laquelle ses collaborateurs et lui qui travaillaient depuis plus d’un an sans rémunération ont été remerciés, a cependant cédé. Une situation qui suscite des interrogations sur le sort réservé à l’alphabétisation et l’introduction des langues nationales dans le système éducatif national.

La promotion des langues nationales hypothéquée

Le requiem de la promotion de l’alphabétisation et de l’introduction des langues nationales dans le système éducatif semble avoir été chanté par le maître de chœur Galiou Soglo. C’est ce qui transparaît à travers cet acte qu’il a posé. Il est en effet incompréhensible qu’on veuille introduire les langues nationales dans le système éducatif sans les spécialistes de la question. Puisque le ministre Roger Gbégnonvi avait tout au moins eu cette bonne idée de rassembler tout ce qui avait comme compétences dans le domaine pour que le travail puisse être bien fait. Par contre le ministre Galiou Soglo qui n’est pas du domaine, renvoie plutôt ceux qui pouvaient combler ses lacunes dans la conduite de ce secteur. Cela ne se comprend guère. Dès lors, il faut se convaincre de ce que l’alphabétisation et l’introduction des langues nationales dans le système éducatif n’est plus une priorité de l’Etat.

Mieux, ceux qui pensaient que le ministère était juste taillé sur mesure pour le professeur Gbégnonvi afin de lui clouer le bec, se trouvent davantage confortés. Ilo fallait comprendre depuis qu’avec le limogeage de Gbégnonvi sonnait également le glas de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales. Certains avaient d’ailleurs affirmé leur réserve par rapport aux résultats que pouvait obtenir quelqu’un qui ne pouvait s’exprimer dans sa langue maternelle à ce poste.

Mort programmée des langues nationales : l’entière responsabilité de Yayi

La situation au ministère de la culture, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales est préoccupante. Surtout en ce qui concerne l’alphabétisation et l’introduction des langues nationales dans le système éducatif national. Voilà un secteur pour lequel le président Boni Yayi avait consacré un ministère entier. Quelques mois plus tard, alors que celui qui en avait la charge se démenait comme un beau diable dans le bénitier pour matérialiser cette volonté du chef, il est débarqué sans ménagement du gouvernement.

Le département est réduit à une simple direction. Aujourd’hui, c’est la matière grise de cette direction qui est décapitée. Honnêtement, devrait-on s’attendre à autre chose que ce qui ce qui se passe actuellement ? Répondre par l’affirmatif serait faire preuve de myopie intellectuelle. Car, celui qui a été placé à ce poste par le président Yayi n’a aucune connaissance même rudimentaire dans le domaine. Comment veut-on alors qu’il puisse cerner l’enjeu que constitue ce secteur ? Galiou Soglo a de tout le temps clamé qu’il était banquier. On le connaît également sportif pluridisciplinaire. Le nommer à la tête de ce ministère n’aurait posé aucun problème si le chantier à construire n’était pas des plus complexes et nécessitait de l’expertise des spécialistes en la matière.
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On ne saurait donc lui imputer tout le tord quand on sait que c’est quelqu’un qui l’a nommé à ce poste. Cela ramène donc l’éternel problème de la qualité des hommes dont le président Boni Yayi s’entoure. Quelles informations recueille-t-il avant de les nommer ? Tout le monde, fut-il politicien, peut-il gérer un département ministériel ? Autant de question qui restent posées et dont les réponses contribueront à ce que les nominations soient moins catastrophiques à l’avenir.

Benoît Mètonou