La Nouvelle Tribune

Guerre autour de la clé de Ouidah

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Les conséquences des erreurs de Boni Yayi
La guerre autour de la clé de la ville de Ouidah est malsaine à plus d’un titre. Les erreurs du président de la République, Boni Yayi, sont à la base de cette guerre qui l’oppose au maire Sévérin Adjovi.
Entre le président Boni Yayi et le maire Sévérin Adjovi : qui détient la vraie clé de la commune de Ouidah ? On n’a pas besoin de réfléchir pour répondre à cette question. Administrativement parlant, c’est l’autorité communale qui détient la clé de sa localité. C’est dire que c’est M. Adjovi qui a en main la clé de Ouidah. Le problème se pose aujourd’hui, parce que le chef de l’Etat a voulu ouvertement affronter le maire de la cité des Kpassè. Sur une chaîne de télévision de la place, le président de la République a été fortement critiqué par Sévérin Adjovi. Pour lui apporter la réplique, il a été organisé une rencontre à la présidence de la République au cours de laquelle certains militants-Fcbe (Forces cauris pour un Bénin émergent) ont remis une clé qu’ils ont fabriquée au chef de l’Etat. Ils ont attendu l’absence du territoire national du maire de leur commune pour aller faire la mise en scène. Blessé dans son amour propre, ce dernier a brandi la clé de Ouidah pour montrer qu’il est son vrai détenteur. Le problème qui se pose aujourd’hui est l’une des conséquences des erreurs du président Boni Yayi. Dans un premier temps, qu’est-ce qu’un chef d’Etat a besoin de la clé d’une localité ? En tant qu’autorité suprême, il est le chef de tous les Béninois. A ce titre, il ne devrait pas dévaloriser la fonction présidentielle jusqu’à ce bas niveau. Le développement national devrait être la préoccupation du gouvernement. Malheureusement, il est tombé dans le piège des courtisans qui lui font croire qu’ils sont capables de lui drainer le monde à Ouidah en 2011. Or, les dernières élections législatives et communales ont démontré que la mouvance n’a pas une forte base dans la localité, quand bien même c’est le village natal de la première dame du Bénin. Parmi eux, il y a en qui cherchent la protection du pouvoir, après leur forfait dans la gestion des affaires publiques.
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Le scandale à la Sbee (Société béninoise d’énergie électrique) dans lequel dans lequel est accusée Célestine Adjanohoun, ayant remis la clé au président Boni Yayi, est toujours d’actualité. Ainsi, le chef de l’Etat a été traîné dans la boue, sous prétexte qu’il a la clé de la cité des Kpassè, alors que la réalité est tout autre. A la place de cette mise en scène, les Fcbe devraient aller travailler sur le terrain permettre à la mouvance de refaire leur popularité, avant 2011. Telle que la situation évolue, le chef de l’Etat risque d’être surpris de son score aux prochaines élections.  Quelques pas du combat de 2011, le président Boni Yayi multiplie des erreurs au plan politique. Le camp de ses adversaires s’élargit.

Jules Yaovi Maoussi