La Nouvelle Tribune

Bénin : L’He Nassirou Bako-Arifari veut marquer Talon à la culotte

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La première visite du chef de l’Etat, Patrice Talon, dans la partie septentrionale du pays ce week-end continue de susciter des réactions. Notamment les promesses faites à l’endroit du peuple et de la population de Parakou, la 3ème ville à statut particulier du pays.

La dernière réaction en date est celle du député Nassirou Bako-Arifari. Actuellement au Maroc pour le sommet sur le climat, l’élu de la première circonscription électorale a relevé dans le discours du Président Talon beaucoup de détermination mais aussi des déclarations osées, à la limite utopiques.

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Je sens la détermination mais aussi le complexe d’Œdipe qui consiste à tuer le père pour s’affirmer. Le pays est malade, certes, mais quelque chose a été fait avant et il faut être modeste pour le reconnaître. Mais le discours politique a son côté alarmiste pour mieux se présenter en Messie. Le messianisme politique peut être plus dangereux que le populisme, parce qu’il fait prendre des engagements qui dépassent les capacités réelles. Dire qu’en 2021, il n’y aura plus de route non bitumée ou pavée à Parakou, c’est oser. Et les peuples ont de la mémoire pour le rappeler en son temps. 

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Le reste, j’approuve sa détermination à lutter contre l’impunité et aussi contre la petite corruption de la rue, même si c’est autrement plus difficile. L’eau, l’énergie et la sécurité sont des besoins vitaux. S’il réussit à résoudre ces trois problèmes en plus des infrastructures routières dans notre pays, il sera porté en triomphe en 2021 car il aura réussi son mandat.

Les autres chantiers que sont la santé et l’éducation sont autrement plus délicats à réformer quand on connaît l’histoire des réformes dans ces secteurs et les catégories socioprofessionnelles concernées. C’est des secteurs pris en otage dont la réforme ne peut se faire de manière frontale, mais par des détours qui nécessitent d’autres types de stratégies et d’astuces que je ne saisirais développer ici. Mais, il doit s’y atteler. 

Les réformes institutionnelles et constitutionnelles sont importantes et je comprends son réalisme en renonçant au référendum. La consultation populaire dans ce sens peut précéder la saisine du parlement, même si cela revient à forcer la main aux députés par la suite. Moi, je l’approuve et je soutiendrai la démarche. Il reste à voir le contenu. Dans tous les cas, il veut faire jouer au parlement un rôle majeur dans les réformes et nous devons en tant que représentation nationale nous mettre à la hauteur avec responsabilité et patriotisme.

Cordialement, depuis la COP 22 à Marrakech, Maroc.
NBA

He Nassirou BAKO-ARIFARI,
Député à l’Assemblée Nationale