La Nouvelle Tribune

Hémicycle: Autorisation de ratification

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Les raisons qui ont fait plier l’opposition
Le vote à l’unanimité des trois projets de lois portant autorisation de ratification d’accords de prêts par les députés dont celui de la réhabilitation de la voie aéroport-place du souvenir-carrefour Air Afrique qui a suscité la colère des députés de l’opposition, n’a pas empêché ces derniers d’exprimer de vives voix les raisons qui leur ont permis d’accéder à la requête du chef de l’Etat.
Les députés de la 5è législature, toutes tendances confondues ont, après des débats houleux, cédé à la requête du chef de l’Etat en votant à l’unanimité les trois projets de lois portant autorisation de ratification d’accords de prêts. Sur les trois dossiers introduits par le gouvernement, un a suscité le mardi dernier de vives polémiques puisque, c’était  pour la première fois de l’histoire de notre représentation nationale que les députés ont donné leurs voix à un dossier de demande d’autorisation de ratification alors que ledit projet a été déjà exécuté sur le terrain.

Le cas qui a attiré ce jour là en plénière l’attention des députés est le dossier relatif à l’examen du rapport relatif au projet de loi portant autorisation de ratification de l’accord de prêt signé le 06 mai 2008 entre la République du Bénin et la Banque d’investissement et de développement de la Cedeao ( Bidc) dans le cadre du financement du projet de réhabilitation de la liaison aéroport-place du souvenir-carrefour Air Afrique à Cotonou.  Si toutes les trois lois soumises à la représentation nationale ont été votées par l’ensemble des députés présents, il n’en demeure pas moins qu’elles ont fait l’objet de débats.

« L’opposition », malgré sa colère ne veut pas se faire piéger
Les députés, surtout ceux de l’opposition, ont dénoncé cet état de chose et ont accusé le gouvernement et son chef Boni Yayi d’ignorer et le mépriser l’institution parlementaire. Pour ces députés, le tronçon aéroport-place du souvenir-carrefour Air Afrique en question a été réhabilité même avant la tenue du sommet de la Cen-Sad à cotonou. Selon eux, où est-ce que les fonds ont-ils  été  puisés pour exécuter le projet si ne n’est pas dans les caisses de l’Etat et précisément dans le précédent budget général de l’Etat. Pour eux c’est une situation déplorable qui ne doit plus se reproduire.  Pour les députés Rachidi Gbadamassi, Raphaël Akotègnon, Jean-Baptiste Edayé, Paulin Tomanaga, c’est parce que le gouvernement ne respecte pas le rôle du parlement dans la gestion des finances publiques qu’on observe ces irrégularités. Ils seront appuyés dans leurs propos par d’autres députés tel celui de Force Clé, Eric Houndété.
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Il  dira qu’il faut que l’argent destiné au financement dudit projet serve à d’autres projets d’infrastructures routières. Néanmoins, les réserves émises n’ont pas empêché les députés de céder à la demande du chef de l’Etat. Plusieurs raisons ont été évoquées par ces députés. Notamment, qu’ils n’entendent pas servir de cobaye pour les membres du gouvernement qui, après le rejet d’un dossier introduit par le gouvernement, descendent sur le terrain pour vilipender les élus de la nation. D’autre part, compte tenu du contexte politique vicié, il ne serait pas souhaitable que le mercure monte inutilement alors que ledit projet a été déjà exécuté par le chef de l’Etat. Mais la question qui demeure est de savoir si le même scénario va se poursuivre par le gouvernement chaque fois que des projets d’autorisation de ratification trainent sur la table des députés? Le gouvernement a intérêt à prendre la mesure des griefs formulés par les députés et corriger dans le futur le processus d’exécution de ces projets qui nécessitent l’accord de la représentation nationale.

Ismail Kèko