La Nouvelle Tribune

Affaire Ajavon : L’Odhp invite la justice à faire la lumière sur le dossier

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Après la libération de Sébatien Ajavon, l’Organisation de défense des droits de l’homme et des peuples (Odhp) a tenu un point de presse, samedi dernier au cabinet de Me Aboubacar Baparapé. L’Odhp à travers Me Baparapé a félicité le peuple béninois pour sa mobilisation afin que le droit soit dit dans l’affaire cocaïne.

Il souhaite que la lumière soit faite sur ce dossier. L’Odhp demande au régime de Talon de revoir sa politique et de se saisir des dossiers de malversations en instance.

Large extrait de la Déclaration de presse

« … L’ODHP, par ma personne, a été la première à se trouver présente au chevet de monsieur Sébastien Ajavon dans les locaux de la compagnie gendarmerie maritime de Xwlcodji aux premières heures de son arrestation pour l’assister. Je félicite les militants de l’ODHP qui m’ont dépêché toute activité cessante à ses côtés pour défendre ses intérêts afin que ses droits ne soient pas violés et compromis.

C’est dans le cadre de cette veille citoyenne de défense des libertés et de la démocratie consacrées par l’article 25 de notre constitution que l’ODHP s’est mise en première ligne le jeudi 13 octobre 2016 pour dénoncer le décret 5 octobre 2016 pris en conseil des ministres portant interdiction des activités aux organisations estudiantines dans les universités publiques du Bénin. C’est à cette occasion que nous avions annoncé la semaine des libertés dont le lancement a eu lieu le 3 novembre 2016 dans l’amphithéâtre Houdégbé du campus universitaire d’Abomey-Calavi et qui se poursuivra jusqu’au vendredi 12 novembre 2016. Nous appelons tout le peuple à se mobiliser pour défendre ses libertés chèrement acquises au prix du sacrifice suprême pour que le régime de la Rupture soit aujourd’hui au pouvoir.

Cela dit, le peuple s’interroge sur la politique liberticide du pouvoir de Talon, sur les objectifs réels de la Rupture. Il s’inquiète des dérives et de son mépris pour les souffrances du peuple qui a de plus en plus faim et des angoisses de la jeunesse jetée dans les rues à chaque conseil des ministres.

La Rupture de Talon est devenue synonyme des rupture des contrats de travail octroyé aux jeunes pour soulager les souffrances des parents. Des contractuels du ministère de l’agriculture aux enseignants, personne n’est épargnée. Pourtant que défis de développement attendent le gouvernement de la Rupture et du Nouveau départ. A commencer par la lutte contre l’impunité, les crimes économiques et politiques.

En effet, au-delà de la relaxe de Sébastien Ajavon par la justice, le peuple doit savoir ce qui s’est réellement passé dans cette scabreuse affaire dite de cocaïne.

Si le gouvernement de Talon, tout au long de cette affaire, est resté au dessus de la mêlée à observer un silence pesant, malgré les appels à la sagesse et au respect des libertés et des droits de l’homme, il est à craindre qu’il ait été en dessous. Et pour cause, la DSLD dépend du président de la République, la gendarmerie dépend du ministère de l’Intérieur, le Procureur dépend du ministère de la justice. Si les conteneurs sont arrivés à Cotonou avec des scellés conformes à l’embarquement qui les a changés.

Si la justice a été prompte à se saisir de cette affaire, il faut souhaiter que la même célérité soit observée dans les affaires PPEA II, Maria-Gleta, machines agricoles, Icc-services, l’affaire Dangnivo, dame Sohoundji, El Hadj Fawaz et j’en oublie. Que la justice se fasse pour le peuple, c'est-à-dire que la Rupture rompt avec l’impunité.

Telles sont mesdames et messieurs, les interrogations et exigences de l’ODHP au sorti de cette affaire ténébreuse dite ‘’cocaïnegate’’ qui a jeté de l’opprobre sur tout un peuple devant la communauté international.

Nous terminons en lançant un appel à tout le peuple pour qu’il reste débout comme il vient de le démontrer afin d’exiger du gouvernement de Talon

1- le respect des libertés démocratiques consacrées par notre constitution

2- l’abrogation du décret du 5 octobre 2016 portant interdiction des activités aux organisations estudiantines dans les universités publiques

3- l’arrêt du débauchage de nos jeunes de leurs emplois

4- l’arrêt de l’impunité par le jugement des auteurs des affaires PPEA II, Icc-services, affaire Dangnivo, Maria-Gleta, machines agricoles et j’en oublie ….»