La Nouvelle Tribune

Déclaration de patrimoines : l’He Abimbola pense que «la loi est mal fichue»

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La constitution du 11 décembre 1990 fait obligation aux députés, membres du gouvernement et autres de déclarer leurs biens à l’entrée et à la fin de leurs fonctions. Mais cette disposition constitutionnelle est très peu respectée par les élus du peuple.

Seulement 6 députés ont satisfait à cette exigence. Interrogé hier, dimanche dans l’émission ‘’Grand rendez-vous’’ de la radio privée ‘’Soleil Fm’’ sur ce qui justifierait cette attitude de ses collègues, le député Hervé Jean-Michel Abimbola, un des rares députés à avoir respecté cette disposition, a pointé un doigt accusateur sur la loi.

Selon l’élu de la 21ème circonscription électorale, la loi est mal ficelée. « Très honnêtement, la loi est mal fichue », a jugé l’honorable Abimbola. « Parce que, explique le député, on ne peut pas demander à des gens qui ne gèrent pas des fonds publics de déclarer leurs biens ». Soulignant que la déclaration de patrimoine n’est pas du « voyeurisme » mais plutôt un mécanisme pour « éviter les enrichissements illicites », l’élu pense qu’elle devrait être imposée seulement aux personnes qui gèrent les fonds publics.

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Ainsi, le député Abimbola trouve-t-il normal que les membres du  gouvernement soient contraints de déclarer leurs biens à la prise et à la fin de leurs fonctions. «Que le président de l’Assemblée nationale et les questeurs déclarent leurs biens, je veux bien comprendre », a également admis le député  qui dit ne pas comprendre pour quelles raisons on demande à des chefs d’arrondissements, de villages de déclarer leurs biens.  « Il y a quelque chose qui ne va pas », a estimé le député pour qui la loi dans sa forme actuelle n’est pas « pratique » et mérite d’être revisitée.

Mais avant cette réforme, l’honorable Abimbola pense qu’il faudra faire comprendre le bien fondé à la population pour éviter que l’on croit que c’est parce que les députés ont « volé » et « veulent cacher ». Mais en attendant, « la loi existe et à partir du moment où elle existe, on doit l’appliquer, on doit la respecter », a conclu Jean-Michel Abimbola.