La Nouvelle Tribune

Dialogue national au Bénin : Comment Koupaki a dupé la Cstb

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Le mardi 30 août dernier, le gouvernement a signé avec les partenaires sociaux la charte nationale pour le dialogue social. Mais si les images diffusées par le petit écran montrent une cérémonie réussie avec les secrétaires généraux des Centrales syndicales et le président du Conseil national du patronat(Cnp) signant la charte, tout ne s’est pas si bien passé à l’Infosec ce jour.

Koupaki qui dirigeait cette signature au nom du gouvernement a surfé sur la malice et l’insincérité pour empêcher la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin(Cstb) d’exprimer publiquement les raisons de son refus de signer  la Charte. Dans ce communiqué parvenu à notre rédaction, le secrétaire général confédéral adjoint Kassa Mampo raconte la mésaventure de la Cstb  qui montre bien les manœuvres subreptices du ministre d’Etat pour les empêcher de parler

Communique de presse sur la signature de la charte

Le mardi 30 août 2016, se sont retrouvés à 16 heures à l’INFOSEC de Cotonou, des délégations des sept (07) Confédérations Syndicales, le Président du Patronat, Sébastien ADJAVON, dans le cadre de la signature de la Charte Nationale pour le Dialogue Social au Bénin. Le gouvernement était représenté par le Ministre du Travail et de la Fonction Publique, Madame Adidjatou MATHYS et le Ministre d’Etat, Monsieur Pascal Irénée KOUKPAKI.

Au démarrage des cérémonies, le protocole annonce le programme qui se présente comme suit :

1- Paraphe et signature de la charte par les Secrétaires Généraux des Confédérations Syndicales, suivis du Président du Patronat puis des représentants du gouvernement ;

2- Intervention de Madame la Ministre du Travail  et de la Fonction Publique ;

3- Intervention du représentant des Confédérations Syndicales, le Secrétaire Général Paul Essè IKO de la CSTB (Confédération Syndicale la plus représentative au Bénin) suivi de celle du Président du Patronat puis du représentant résident du PNUD au Bénin ;

4- Intervention du Ministre d’Etat Pascal I. KOUKPAKI et fin des cérémonies.

Dès la présentation du programme ainsi annoncé, Pascal TODJINOU, Dieudonné LOKOSSOU et autre Noël CHADARE, réagissent pour dire que le Secrétaire Général de la CSTB ne peut parler en leur nom, car il ne les représenterait pas. Ils exigent que Pascal TODJINOIU parlent au nom des six autres Confédérations. Cet amendement du programme est accepté par les organisateurs.

Déroulement des cérémonies

1- Les Secrétaires Généraux sont invités à parapher et à signer la charte en commençant par Pascal TODJINOU, le porte-parole du groupe des six (06). Chacun d’entre eux s’est levé pour aller parapher et signer la charte ;

2- Le Secrétaire Général de la CSTB, est invité à aller parapher et signer la charte. Ce dernier se lève et va au pupitre pour lire la déclaration de la CSTB qui présente la position de la Confédération sur la question de la signature d’une charte nationale pour le dialogue. Le protocole lui dit d’attendre le moment des interventions avant de parler. Il s’exécuta en rejoignant sa place ;

3- Après les paraphes et signatures de la charte par le Président du Patronat et les deux ministres du gouvernement, le protocole invite Madame la Ministre à livrer son discours ;

4- Après ce discours introductif de Madame la Ministre, la parole a été donnée successivement à Pascal TODJINOU, représentant du groupe des six (06), au Président du patronat et au représentant résident du PNUD ;

5- Dès que le protocole a invité le ministre d’Etat, Pascal I. KOUKPAKI à prononcer son allocution qui mettrait fin aux cérémonies, le SG de la CSTB, Paul Essè IKO s’est levé et a rappelé au protocole qu’il était inscrit sur la liste des intervenants et qu’il ne comprenait pas pourquoi le protocole ne lui accordait pas la parole. Il demande, alors, à intervenir avant que le Ministre d’Etat, ne fasse son intervention pour clôturer les cérémonies.

Au Ministre d’Etat Pascal I. KOUKPAKI de répondre à Monsieur Paul Essè IKO en disant : Asseyez vous. Vous parlerez quand j’aurai fini de parler. Le SG  de la CSTB s’exécuta sans regimber.

6- Après l’intervention du Ministre d’Etat les cérémonies ont été purement et simplement clôturées sans que la parole ne soit donnée au Secrétaire Général de la CSTB qu’on a empêché, pendant toutes les cérémonies, à la surprise de tous, de placer un seul mot ;

7- C’est à la sortie de la salle que le SG, Paul Essè IKO a pu profiter de l’interview accordée à la presse pour présenter la déclaration de la CSTB qui explique globalement que la Confédération réserve sa signature pour le moment parce que le gouvernement ne rassure pas encore les travailleurs.

Conclusion

Ce qui vient d’être relaté à propos de l’attitude du Ministre d’Etat, Monsieur Pascal Irénée KOUPAKI et de la délégation gouvernementale, se passe de commentaire. C’est un avant goût qui annonce comment le nouveau gouvernement entend conduire le dialogue social. Nous rappelons au passage que le Ministre d’Etat a été Président de la Commission Nationale de Concertations et de Négociations Collectives sous Boni YAYI. Pour le Ministre d’Etat, il n’y a dialogue social que si vous êtes d’accord avec le gouvernement. Mais  pour peu que vous n’épousez pas les points de vue du gouvernement sur une question, on refuse de vous écouter. Si on refuse de donner la parole à un Paul Essè IKO, Secrétaire Général de la plus grande confédération syndicale du Bénin, à une rencontre de consécration du dialogue social à laquelle il a été invité et annoncé pour intervenir, qu’en sera-t-il du pauvre travailleur qui oserait dénoncer l’attitude d’un ministre ou d’un directeur technique ? Les travailleurs doivent comprendre, donc, que cette charte ne règlera aucunement leur problème. C’est pourquoi la CSTB a réservé sa signature et réaffirme sa disponibilité à participer aux diverses négociations en vue de la résolution des problèmes, des travailleurs.

Seule la lutte paie !

Fait à Cotonou, le 31 août 2016

Pour la CSTB

Le Secrétaire Général Confédéral Adjoint

Nagnini KASSA MAMPO