La Nouvelle Tribune

Maraîchage au Bénin: Les députés autorisent la ratification d’environ 30 milliards FCFA

Espace membre

Trois (03) points inscrits à l’ordre du jour de la séance plénière d’hier à l’Assemblée nationale, notamment la désignation des représentants du parlement au Cos et dans les Cca, l’examen du rapport relatif à la mise en conformité de la loi N° 2015-18 portant statut de la fonction publique votée par l’Assemblée nationale, le 02 avril 2015 (objet d’une deuxième lecture le 27 août 2015) et celui du rapport relatif au projet de loi portant autorisation de ratification de financement signé à Rome, le 1er février 2015 avec le Fida dans le cadre du financement partiel d’appui au développement du maraîchage (Radmar).

Mais sur ces trois points, un seul a été examiné et adopté en plénière. Il s’agit du projet de loi sur le cadre du financement partiel d’appui au développement du maraîchage (Radmar). Selon le président de la commission des finances, le Burkina-Faso, le Niger s’érigent aujourd’hui en fournisseurs de produits de contre-saison alors que le Bénin est bien loti par rapport à ces pays au point de vue climatique ou pluviométrique.

Selon le député Raphaël Akotègnon, le projet examen contribuerait à renverser la tendance et à permettre à notre pays de réduire cette dépendance. Pour le président de la Commission des finances et des échanges, il s’agit du financement par le Fida d’un projet d’appui à la filière maraîchage. Selon ses propos, c’est un projet à saluer d’autant plus que le financement est aussi hautement concessionnel. Le financement du Fida  par rapport à ce projet est estimé à environ 30 milliards de francs CFA.

Au cours des discussions en plénière, plusieurs députés, notamment ceux natifs de la région septentrionale ont déploré quelque peu la dénomination de ce projet qui serait réservé exclusivement à la région du sud de notre pays. Pour ces députés, le projet est mal ficelé puisque, plusieurs localités du nord de notre pays possèdent des terres adaptées à ce genre de culture.

Malgré leur boutade, ces députés ont néanmoins choisi d’accorder leurs voix à cette autorisation de ratification. Le ministre en charge de l’agriculture, présent aux travaux en plénière, a tenté d’expliquer les tenants et aboutissants de ce projet qui serait, selon lui a été conçu par le régime précédent, donc bien avant l’avènement du nouveau départ. Quelques questions ont été posées par les députés au ministre de l’agriculture. Mais se trouvant dans l’incapacité d’apporter des éléments de réponses, il a promis de revenir à la charge à travers une communication du gouvernement, dès l’ouverture de la prochaine session ordinaire de l’année 2016

Quelques réactions de députés hier à l’hémicycle

Paulin Gbénou :« Un projet d’appui au développement du maraîchage est un projet à saluer. On ne peut pas expliquer qu'on ait des vallées chez nous et qu'on importe des cultures maraîchères. Cela m’a l’air d’une malédiction. Mais si aujourd’hui, la providence nous amène à décrocher un projet pour valoriser ces vallées, naturellement on ne peut que saluer ça…L’autre chose, si ce projet pourra véritablement démarrer en octobre, ça pourrait être salutaire pour les populations parce que la décrue dans la vallée de l’ouémé commence vers la fin du mois de septembre… ».

Augustin Ahouanvoébla: «…Je voudrais aborder les aspects de valorisation et de mise en marché, composante numéro 1 du projet. Je félicite aussi le gouvernement pour avoir donné ces actes là qui nous permettent après la production, d’assurer une bonne distribution et une bonne exploitation des produits qui sortiront de ce projet. Je voudrais demander au ministre de l’agriculture et ses cadres d’essayer de nous faire savoir dans le temps, comment ils comptent exploiter ce projet, quant à l’application surtout ce qui irait à chaque vallée ou chaque région. Ca nous permettrait en tant que législateur de suivre à distance ce qui se passe autour de nous ».

Robert Gbian : « …Je voudrais revenir sur les critères de sélection de la liste des communes qui ont été retenues et aussi je voudrais insister sur la disponibilité des engrais, l’encadrement et l’accompagnement du secteur maraicher parce que c’est bon d’avoir un financement mais il faut pouvoir le suivre jusqu’à son terme. Je voudrais aussi insister sur les mesures envisagées pour la transformation et la conservation des produits maraichers. Parce qu’on voit des tomates produites en grandes quantités et beaucoup d’avaries… ».

Benoît Dègla :« …Dans les réponses du gouvernement, on a visité les critères qui fondent le choix de ces localités. Je pense que la proximité d’unités de transformation devrait constituer aussi un critère. Vous savez que Kpomassè dispose aujourd’hui d’une usine de transformation de tomates. Sa mise en application doit nécessiter quelques réglages et je pense que le gouvernement devrait s’atteler à rendre cette usine opérationnelle afin que les producteurs de Ouidah, d’Allada et autres puissent être sûrs que leurs produits ne vont pas s’étaler le long des routes. Pour ceux qui étaient à Grand-Popo, ils ont vu des tomates s’étaler le long de la voie et Dieu seul sait, si ces pauvres vendeurs ou vendeuses ont pu faire des recettes. Ces produits pourrissent, faute de moyens de transformation. Il faut penser au conditionnement et à un certain nombre de problèmes, je ne sais pas si ce projet là prend véritablement en compte tous ces aspects… ».