La Nouvelle Tribune

100 jours de Talon : « On n’a pas bougé » Esse Iko Sg/Cstb

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Patrice Talon, arrivé au pouvoir le 06 avril dernier, vient de boucler 100 premiers jours. Vous êtes acteur de la société civile, vous êtes syndicaliste. Quel est le bilan que vous faites aujourd’hui ?

Mais lui-même devrait présenter son propre bilan non ?!  De toutes les façons, sa gouvernance ne nous a pas plu.

Pourquoi ?

Quand on vient dans une maison, on dit communément dans nos langues ‘’agoooo’’. C’est-à-dire, comment allez-vous dans cette maison, quel est l’état des lieux ? Il –Talon- n’a pas appelé les travailleurs, il n’a rien fait et il convoque une commission où les concernés, ceux qui se sont battus, sont absents. Tout va être dit à leur place. Après c’est par consultation, on va vous contacter pour que les consultants rendent compte. Non, ce n’est pas une bonne méthode de direction. Nous avons lutté pour un nouveau système basé sur impunité zéro ; pour que les travailleurs et le peuple puissent avoir la possibilité d’élire leur propre responsable, afin qu’ils soient capables de dire à un moment où à un autre ‘’vous avez mal fait, on vous enlève et on prend un autre’’.

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Ce qui n’est pas ce que Talon fait. Les travailleurs doivent être là où on décide, c'est-à-dire que s’il y a la révision de la Constitution, les travailleurs doivent être à l’Assemblée nationale pour régler leurs propres problèmes, pour empêcher les actes liberticides parce que Yayi Boni a tenté longtemps de réviser la loi sur la grève, il nous a été difficile de convaincre les députés mais si les travailleurs y étaient représentés c’est à eux de faire le lobbying pour les travailleurs. Ensuite, Patrice Talon nous envoie de façon méprisante, une charte que nous avons déjà rejetée du temps de Yayi pour nous dire de signer. Aussi, pour montrer que lui il a réussi là où les autres ont échoué, il fait adopter les douze départements, et nomme les préfets malgré les complications. N’est-ce pas le fait de s’enfoncer dans des problèmes les plus immondes ? N’est-ce pas là le fait de faire ce qu’on a contesté chez les Yayi. Les populations de Savalou ont raison de contester. C’est des « Mahis », ils ont leur langue, ils ont leur culture. Pourquoi veut-on que d’autres les dirigent ? Il faut qu’ils élisent dans leur région leur préfet. Nous, nous appelons ça chef-région, l’installation suivant la sociologie, suivant les langues, suivant la culture. Tout ça, Patrice Talon n’a pas posé la question et il agit ; c’est lui qui connaît tout ; il a la science infuse. Pendant ces 100 premiers jours, on peut estimer qu’on n’a pas bougé.

Que faire maintenant ?

Pour bouger, j’appelle le peuple béninois à se mobiliser et à continuer ses combats parce que c’est par les combats que nous avons refusé l’autocratie de Yayi Boni, la recolonisation de Zinsou, le pacte colonial de Zinsou, la FrançAfrique concoctée par Zinsou. Il nous faut nous lever pour que nous ayons la satisfaction de nos revendications, qu’on opère la rupture, qu’on en finisse avec l’impunité dans notre pays, qu’on soit maintenant capable délire et de destituer nos responsables. Talon doit écouter le peuple. Nous avons parlé, il faut qu’il écoute les travailleurs