La Nouvelle Tribune

Concours frauduleux : divergences de vue entre Jacques Migan et Patrick Tchiakpè

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Invités de l’émission « Le Grand rendez-vous » de Soleil fm ce dimanche 10 juillet, le bâtonnier Jacques Migan et l’avocat des lauréats des concours frauduleux, Me Patrick Tchiakpè ont diversement apprécié la décision de l’annulation des concours au profit du ministère des finances prise par le gouvernement.

Ils ont des avis diamétralement opposés. Le bâtonnier Jacques Migan et Me Patrick Tchiakpè ne partagent pas les mêmes points de vue suite à l’annulation par le gouvernement, des concours organisés en 2015 au profit du ministère des finances. Ni des conditions d’annulation des concours, ni de l’opportunité de l’annulation. Si le bâtonnier Jacques Migan défend le gouvernement et salue une « décision responsable », Patrick Tchiakpè quant à lui, dénonce une « décision politique et arbitraire ».

Chacun de son côté, a défendu sa position ce dimanche 10 juillet sur l’émission « Le Grand rendez-vous » de Soleil Fm. Pour ce dernier, le gouvernement avait déjà l’intention d’annuler lesdits concours dès son arrivée au pourvoir. C’est fort de ce raisonnement que Me Patrick Tchiakpè affirme que la mise en place de la Commission de vérification des concours n’est qu’une pure distraction.  

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Ce point de vue, son homologue, le bâtonnier Jacques Migan le rejette et le balaie d’un revers de main. Selon lui, « le gouvernement n’a pas pris position », c’est pourquoi il a mis sur pied la Commission de vérification, qui « s’est basée sur les faits ». Défendant sa position, Jacques Migan rappelle qu’un droit acquis peut être remis en cause s’il a été obtenu grâce à une fraude. Et pour justifier sa thèse, le bâtonnier mentionne les cas d’irrégularités révélées par la commission de vérification. Disparition de listes d’émargement, copies de candidats non retrouvées…. Ensuite, il déclare : « J’aurais fait la même chose que le gouvernement » car, poursuit-il, cette décision va « permettre au juge de dire la vérité ».  

L’espoir d’une justice équitable est biaisé selon Me Patrick Tchiakpè, avocat des lauréats des concours annulés. Pour lui, la commission de vérification devrait auditionner les candidats suspectés de fraude, associer les lauréats ou leur avocats à la réception des cantines. Remettant en cause la moralité, l’intégrité et l’indépendance des membres de la commission, maitre Patrick Tchiakpè, accuse le gouvernement d’avoir orchestré la disparition des fiches d’émargement et autres afin de parvenir à sa fin : l’annulation des concours.  

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Le juge pénal pour statuer

L’avocat des lauréats des concours annulés n’entend pas baisser les bras après la décision d’annulation prononcée par le gouvernement Talon. Il entend aller devant la chambre administrative de la Cour suprême pour que ces clients aient gain de cause. Elle décidera d’une annulation ou non des concours dits frauduleux. Selon ses propos, cette décision d’annulation est de « la distraction » car le gouvernement ne peut pas « annuler un concours qui n’existe pas »