La Nouvelle Tribune

Bénin / Icc-Services : Les déballages de l’honorable Janvier Yahouédéou

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A la faveur des questions orales avec débats posées par le député Janvier Yahouédéhou et celles de son collègue Koussonda Adjibadé, hier à l’Assemblée nationale, les députés ont remué une fois encore le couteau dans la plaie béante de ce scandale dite Icc-Services. De nombreux déballages ont été faits par les signataires.

Les premières questions diverses et variées sur cette affaire ont été posées par l’honorable député Janvier Yahouédéhou. C’était en présence du gouvernement représenté par le Garde des sceaux, ministre de la justice, Joseph Djogbénou et son homologue de la Défense, Candide Azanaï. Selon le député Janvier Yahouédéhou, Icc-Services est la plus grande escroquerie réalisée au Bénin. Il a été appuyé également dans ses questions par d’autres collègues députés qui ont enfoncé davantage le clou en faisant ressortir les déconvenues engendrées par ce scandale sur les populations spoliées.

Il s’agit par exemple des députés Rosine Soglo, Koussonda Adjibadé, un autre initiateur de la question, Edmond Zinsou et d’autres qui ont abordé des préoccupations diverses sur ce scandale. Le ministre de la justice, Joseph Djogbénou, en réponse à toutes ces préoccupations, a été très peu convaincant. Mais pour se dédouaner, il a déclaré que c’est un dossier encore pendant devant la justice et qu’il ne pourra pas aller trop en détails sur les préoccupations des députés

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Les propos du député Janvier Yahouédéhou

« …J’ai été doublement peiné puisque n’ayant pas en face les auteurs ou co-auteurs et facilitateurs réels de cette affaire. Mais je vais toutefois signaler quelques incohérences. Par exemple, la valeur des véhicules vendus. J’ai le document présenté par le gouvernement qui s’élève à 480 millions alors qu’il y a en juin 2015, l’agent judiciaire du trésor qui nous présentait une situation de 609 millions. Le gouvernement par exemple ne nous a pas dit, les 128 millions d’honoraires qu’il a perçus, on n’en sait rien. Le gouvernement aura du mal à prouver aux Béninois en disant que la structure Icc-Services et consorts sont des structures illégales puisque il y a des documents officiels qui montrent que ces structures sont connus du gouvernement. C’est le cas par exemple du document N° 1076 du 20 novembre 2009 qui citait Icc-Services et consorts comme institutions bancaires qui donne l’autorisation officielle de protection de ces banques…Autre élément d’insatisfaction, j’ai parlé du cas de Adanmènou dont le gouvernement n’a pas parlé du tout. Le dossier Adanmènou, c’est quoi exactement ? Lorsque, à l’éclatement de cette affaire, on a commencé par arrêter les responsables des structures de placement. Il y a le directeur de Surham-Angel par exemple qui a été démarché et on lui a dit, si tu ne veux pas être arrêté, tu payes. Ce monsieur a eu à rencontrer l’Agent judiciaire du trésor qui lui a donné à écrire pour dire de prendre contact avec un numéro. Ainsi, ce monsieur a versé la somme de 260 millions. Les relevés de versement sont là, monsieur le président. J’ai également les relevés Gsm des appels émis sur plusieurs pages pendant la période. Ce monsieur a fini par porter plainte contre justement madame Sévérine Lawson et consorts…Est-ce que les 09 milliards récupérés auprès de monsieur Tégbénou, c’est devenu quoi ? L’un des principaux acteurs de ce dossier, je veux citer le Procureur Général de la République qui avait présidé ces histoires, a dit publiquement que ces 09 milliards ont été mis dans des sacs de jute et transportés à la présidence de la République. Qu’est-ce que c’est devenu monsieur le président ? On nous dit finalement que Icc-Services n’a que 940 millions et ces sous, c’est de payer au moins les petits épargnants. Mais les Béninois qui ont mis de l’argent méritent d’être soutenus. On  doit arrêter de qualifier ce crime « d’escroquerie » mais plutôt un « sinistre national » et que les spoliés soient remboursés partiellement ou indemnisés. C’est ce que je voulais souhaiter, même si c’est au niveau de la justice, que les députés sachent qu’ils fassent l’effort  d’organiser une commission d’enquête, je n’en sais rien mais il faut qu’on fasse quelque chose pour le peuple qui nous a élus ».

Propos recueillis par Ismail Kèko