La Nouvelle Tribune

Tentatives de réconciliation entre le chef de l’Etat et Fagbohoun

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S. FagbohounDe sérieux obstacles à la mission des rois
Les pourparlers sont lancés pour une réconciliation entre le président de la République, Boni Yayi, et le président du Madep, Séfou Fagbohoun. Une mission qui s’annonce très difficile pour le pouvoir en place.


Le chef de l’Etat fait des pieds et des mains pour avoir le président du Mouvement africain pour la démocratie et le progrès (Madep), Séfou Fagbohoun, dans la gibecière de la mouvance. Pour y arriver, il met dans la danse les rois de l’Ouémé-Plateau sous la houlette de l’actuel ministre de l’Enseignement supérieur, François Abiola.

A analyser de près la situation, l’opération sera très difficile pour le chef de l’Etat, même si l’on reconnaît qu’en politique tout est possible. D’abord, la crédibilité des émissaires du président Boni Yayi  pose problème.

A l’ère du changement, on assiste à la politisation à outrance des valeurs culturelles et de leurs garants. Tout le monde sait que la plupart des rois au Bénin sont devenus militants-Fcbe (Forces cauris pour un Bénin émergent), alors que dans un passé récent, il était difficile de détecter leurs couleurs politiques. Il y a en a même qui marchent pour soutenir le gouvernement. D’autres parmi eux organisent des meetings pour vilipender les adversaires du pouvoir en place.
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Ces rois ont déjà porté atteinte au caractère sacré de leur fonction. Les Béninois de la génération consciente ne croient plus à leur sens moral de responsabilité. Comment peuvent-ils réconcilier Yayi et Fagbohoun, alors que leur bord politique est connu d’avance ? Sont-ils encore respectés ? Certainement non.

En matière de diplomatie, le négociateur doit être un homme de confiance, impartial et respectable, pour que ce qu’il dit soit pris en compte et appliqué. Malheureusement, les rois du changement ont foulé au pied les valeurs de la tradition à cause de la politique. Et si ce problème est posé maintenant, c’est à cause de la mauvaise politique de management du chef de l’Etat qui pense avoir les rois à ses côtés pour faire sa politique. Il est en train de briser consciemment ou inconsciemment  les gages de la paix dans le pays. En cas de crises profondes au Bénin, qui peut parler pour amener les protagonistes à la raison ? Personne, puisque les religieux et les chefs traditionnels sont déjà Fcbe. Ce qui veut dire qu’ils ne peuvent que tenir un langage partisan.

Pour l’heure, c’est seulement l’église catholique qui résiste aux opérations de charme du régime actuel. Pour preuve, elle a refusé de prendre les millions que le gouvernement lui a donnés, au moment où les autres concessions religieuses en ont pris et en réclament encore.

Autres problèmes
En tentant de se réconcilier avec le coq d’Adja-Ouèrè, le président Boni Yayi est toujours dans sa logique de briser la coalition G4 qui s’apprête à investir son candidat à l’élection présidentielle de 2011. Les composantes de cette coalition résistent au gouvernement dans ses tentatives de débauchage. Le Prd, le Psd, le Madep et la Rb ont pour but commun de faire partir le président Yayi aux prochaines consultations électorales.

Alors, il serait très difficile pour le régime en place d’avoir les ténors de ces partis politiques à ses côtés. Ensuite, le non-respect des engagements par le chef de l’Etat crée une crise de confiance entre Yayi et la classe politique qui ne croit plus en lui. On ne veut plus prendre le risque d’aller se faire avoir une autre fois par le même.

Jules Yaovi Maoussi

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