La Nouvelle Tribune

Bénin : Les syndicats dénoncent une mauvaise gestion à la Sonacop et à la Poste (Vidéo)

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Les secrétaires généraux des Centrales et Confédérations syndicales ont tenu hier mardi, une conférence de presse à la Bourse du travail de Cotonou. Au cours de cette rencontre les syndicalistes ont dénoncé des cas de mauvaises gestions et d’injustice à la Sonacop, à la Poste et au ministère de l’Energie et de l’Eau.

Ils ne veulent pas laisser les frustrations s’accumuler avant de réagir. Ils, ce sont  les Secrétaires généraux Confédération des syndicats autonomes du Bénin (Csa-Bénin), de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb), de la Confédération des Organisations Syndicales Indépendantes du Bénin (Cosi-Bénin), de la Centrale des Syndicats de Secteurs Privé et Informel du Bénin (Cspib) et de la Centrale des syndicats unis du Bénin (Csub). Dans l’après-midi d’hier, le Sg Dieudonné Lokossou de la Csa-Bénin et ses camarades Pascal Todjinou de la Cgtb, Noël Chadaré de la Cosi-Bénin, Christophe Dovonon de la Cspib et Christophe Houessionon de la Csub étaient face aux hommes des médias. Au menu de cette première sortie médiatique des responsables syndicaux depuis l’avènement du régime de la rupture et du Nouveau départ, la gouvernance de deux sociétés d’Etat notamment celle de la Société nationale de commercialisation des produits pétroliers (Sonacop) et de la Poste et l’immixtion des autorités du ministère de l’Energie et de l’Eau dans les affaires syndicales.

Gestion calamiteuse à la Sonacop

Les responsables syndicaux ont relevé dans la gestion faite de la Sonacop par le directeur général Irénée Agossa des cas de mauvaise gouvernance. Entre autres, la dématérialisation des anciens tickets-valeurs. A en croire les syndicalistes cette dématérialisation est une véritable escroquerie.

« On nous a demandé de ramener les tickets-valeurs mais depuis qu’on les a ramenés, plus rien », a dénoncé Noël Chadaré qui explique que les tickets n’ont jusque-là pas été restitués.

La valeur de ces tickets-valeurs dématérialisés par la direction sous le prétexte que ces coupons étaient falsifiés serait estimée à 7 milliards FCFA. Abondant dans le même sens, le Sg Lokossou soulignera que le pire, c’est le produit qui n’est pas disponible dans les stations - services de la société d’Etat.

« Je reviens d’une tournée. D’Abomey, à Natitingou en passant par Dassa-Zoumé, il n’y a pas de carburant », a fait remarquer cet ancien employé de la Sonacop.

Le Sg Lokossou fera également savoir que la société reste lui devoir encore des arriérés de salaire. Les responsables syndicaux ont également évoqué une affaire d’achat de 2 milliards FCFA de lubrifiants qui ont été confiés à une société « douteuse » de distribution de lubrifiant située à Scoa-Gbéto avant de réclamer un « audit musclé » dans cette structure.

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A la Poste du Bénin, le cas de mauvaise gouvernance révélé par les conférenciers est relatif à la signature en « catimini » d’un contrat d’assurance maladie avec une société d’assurance de la place. A en croire les syndicalistes, les travailleurs n’ont pas été associés à la signature de ce contrat. Mieux les travailleurs n’approuveraient pas le choix du prestataire.  « Pourquoi le Dg de la Poste n’ouvre-t-il pas le marché à d’autres prestataires ? », interroge le Sg Lokossou.

Les syndicalistes reprochent au Directeur de La Poste Bénin de brimer les travailleurs. Selon ces derniers, le Directeur de La Poste intimide les travailleurs et syndicalistes et empêche lesdits travailleurs de jouir de leur droit.

Les conférenciers évoquent également le cas d’immixtion des autorités du ministère de l’Energie, des Mines et de l’Eau dans les affaires syndicales dudit ministère. Pour les Secrétaires généraux des Confédérations syndicales , les autorités du ministère en question n’ont pas à s’ingérer dans les problèmes qui opposent les syndicalistes. « Qu’ils se mêlent de ce qui les regarde » a laissé entendre Noël Chadaré.

Les représentants des travailleurs précisent que cette conférence de presse fait état d’avertissement et exigent des audits de contrôle pour les cas de détournement évoqués. Autrement ils organiseront des mouvements de contestation