La Nouvelle Tribune

Obsèques de Eric N’dah: Yayi en campagne tous azimuts

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No limit, la devise de l’un des réseaux Gsm au Bénin pourrait bien être celle du chef de l’Etat béninois. Appelé à faire son oraison funèbre devant la dépouille de l’ex-ministre et député Eric Kouagou N’dah à Boukoumbé dans le nord du pays, le Président Boni Yayi a prononcé une harangue à la stupéfaction des populations arrivées pour rendre un dernier hommage à leur fils.

Dans ce discours saccadé, haché et brouillon, d’un genre totalement différent d’une oraison funèbre le chef de l’Etat tenant entre ses mains deux feuillets que le vent balance a passé en revue les grandes réalisations de son régime avant de s’intéresser à Dieu dans une attaque déguisée à l’endroit de Parfaite, celle qui s’est autoproclamée Dieu à Gbanamè. « Le gouvernement est en train de recruter 12000 enseignants, le processus doit être en cours actuellement » peut-on entendre dans ses propos. L’illustre disparu ayant été son ministre de l’enseignement maternel et primaire, le chef de l’Etat en a fait un alibi pour s’éterniser sur des projets réalisés et ceux en cours ou à venir qu’il aimerait voir se concrétiser. « C’est vrai, il faut encore améliorer les conditions de vie des enseignants…. Je salue avec déférence les enseignants… les salaires ont été multipliés qui par 2 qui par 3 qui par 4 » s’est félicité le président Boni Yayi dans cette insolite oraison funèbre.

Démocratie, appel politique

S’abstenir de parler politique en cette période de campagne électorale, c’était impossible pour le Président Boni Yayi bien qu’en face de lui, se trouvait la dépouille de son ancien ministre. « La politique doit nous consolider, l’unité, la fraternité, la mutualisation de nos efforts ici à Boukoumbé… l’acceptation de l’autre. La politique ne doit pas vous diviser » a lancé Boni Yayi visiblement sans limite. Très furieux contre une certaine fausse croyance qui l’embête Boni Yayi est à nouveau passé à l’attaque. « Le christ a horreur des fausses croyances » a décoché le Président qui avait déjà averti qu’il sera pasteur au terme de sa présidence. A l’en croire « Eric détestait les sacrilèges, les conflits religieux mortels ». Reste à savoir ce à quoi il se livre depuis peu.