La Nouvelle Tribune

Profil des coordonnateurs d’arrondissements: Pourquoi la Cour doit vite lever l’équivoque

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Pour violation de l’article 28, alinéa 3 de la loi n° 2013-06 du 25 novembre portant code électoral en République du Bénin par la Céna, l’Union nationale des magistrats du bénin (Unamab) a saisi la Cour constitutionnelle depuis le mardi 23 février dernier .Cette saisine assortie d’une demande de  sursis à exécuter pour arrêter la procédure engagée par la Cena est restée lettre morte depuis lors.

Le silence de la Cour suite au recours de l’Unamab sur le profil des coordonnateurs d’arrondissements est inquiétant. L’article 28, alinéa 3 de la loi n° 2013-06 du 25 novembre portant code électoral en République du Bénin est pourtant clair et sans ambigüité : « Le coordonnateur est désigné prioritairement parmi les magistrats encore en exercice ou à la retraite… ». Mais la décision n° 025/Céna/Pt/Cb/Sp portant nomination et attribution des coordonnateurs d’arrondissements pour le compte du scrutin présidentiel de 2016 est contraire à la loi ci-dessous citée. Sur les 222 magistrats-candidats à ce poste, seulement une cinquantaine a été sélectionnée à en croire Michel Adjaka, président de l’Unmab.  De ce fait, il se pose un problème de violation de la loi surtout ce que cela est en rapport direct avec le processus d’organisation de l’élection du 6 mars prochain. Du moment où la Commission électorale nationale autonome (Céna), dans la liste de coordonnateurs rendue publique n’a pas précisé le profil des agents retenus, des vélléités de fraudes sont à craindre. C’est ainsi que la Cour, dans sa mission de régulation du bon fonctionnement des institutions doit impérativement, et ceci dans les meilleurs délais, siffler la fin de la recréation.

Statuer pour limiter les dégâts

Qui , en dehors de la Cour constitutionnelle pour corriger cette bourde de la Céna ? Visiblement, elle est seule juridiction en la matière, pour trancher. Mais la vraie question est est de savoir que la Cour va se prononcer sur le recours de l’Unamab . Le temps presse. L’inquiétude devient de plus en plus grande dans l’opinion publique. Il se susurre même dans certains milieux que des mesures « inappropriées » seraient envisagées si rien n’est fait pour corriger le tir.  Dans une telle situation, la Cour est face à l’histoire. Se laisserait-elle lié à une quelconque manœuvre de fraude ? Se laisserait-elle compromettre par la Céna ? Une décision dans les meilleurs délais de la Cour est attendue pour éviter une dégradation de la situation vu que la formation des coordonnateurs d’arrondissements démarre ce vendredi 26 février. Comme le dirait l’autre : « La paix est avant tout un comportement et non un mot »