La Nouvelle Tribune

Jacques Ayadji sur l'avion de Tchané: « tout était fait pour empêcher l’avion d’atterrir »

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Vingt-quatre heures après le point de presse du ministre des transports, Gustave Sonon sur l’atterrissage manqué à l’aérodrome de Parakou de l’avion du candidat Bio Tchané le dimanche 21 février dernier, le syndicaliste Jacques Ayadji, témoin oculaire de l’événement et proche du candidat donne sa version des faits.

Dans un entretien accordé à votre journal, La Nouvelle Tribune, le 1er secrétaire du syntra-Tp fait des révélations sur comment le jet du leader des Taba Ti Taba et de sa suite a été contraint de faire demi-tour sur Cotonou. Jacques Ayadji nous livre aussi les non-dits et contre-vérités dans cette affaire. Lisez plutôt.

Bonsoir Monsieur Ayadji. Dites-nous, où est-ce que vous étiez le 21 février dernier ?
Le dimanche 21 février, j’étais à Parakou. J’étais déjà allé la veille le 20, parce que faisant partie du groupe d’accueil du président Abdoulaye Bio Tchané à l’aéroport le 21 févier.

Qu’est-ce qui s’est passé ce jour là à l’aéroport de Parakou ?
Le 21 févier, nous sommes allés à l’aéroport de Parakou vers 8h30 parce que l’arrivée du président Bio Tchané et de sa directrice nationale de campagne, Mme Célestine Zanou est prévue pour 9h 30. Quand nous  sommes arrivés à l’aéroport, nous avons constaté la présence d’un hélicoptère sur la piste. Ça ne nous a rien dit parce qu’il avait un équipage à côté. Je pensais que cet hélicoptère avait une panne ou bien quelque chose car il y avait des gens qui s’affairaient autour. Vers 9h30, l’heure prévue pour l’arrivée du prédisent Bio Tchané et  sa suite, nous avons observé un nouvel hélicoptère dans le ciel, de  couleur bleue. Nous, avions  pensé que c’est la délégation que nous attendions qui était arrivée et puis la liesse a commencé. Les populations qui étaient massivement mobilisées à l’aéroport ont commencé par festoyer en attendant la descente de la délégation du président. C’est du moins, ce que nous avions cru. Mais cet hélicoptère a fait des tours dans le ciel. Nous pensions que c’était pour jouer avec nous avant d’atterrir. Finalement, l’hélicoptère a atterri avec beaucoup de bruit. Vous savez, l’atterrissage d’un hélicoptère est un atterrissage ponctuel. Elle n’atterrit pas comme un avion qui a besoin de rouler sur la piste avant de s’immobiliser. L’hélicoptère a donc atterri avec beaucoup de bruit pour soulever la poussière telle qu’on peut l’imaginer sur une piste non bitumée. Ensuite, il y a des véhicules 4x4  qui ne faisaient que faire des tours à grande vitesse sur la piste. Nous, on avait rien compris. On attendait que les occupants de l’hélicoptère se fassent voir, quand à notre grande surprise, c’était un hélicoptère vide. Rien que l’équipage. C’est après ça qu’on nous a annoncé l’arrivée du jet qui transportait Abdoulaye Bio Tchané et sa suite. Cet avion n’a pas atterri parce qu’il  y avait des gens visiblement qui avait pour mission, de faire beaucoup de bruit, beaucoup de poussière. Le pilote, qui devait faire un atterrissage à vue, parce que sur l’aérodrome de Parakou, il n’y a pas d’équipements nécessaires pour le guider. Le pilote doit faire ce qu’on appelle, un atterrissage à vue. Comme les autorités béninoises connaissant la situation de l’aérodrome de Parakou, et qu’ils ne veulent pas que Bio Tchané vienne à Parakou par avion, ils ont fait assez de poussière pour empêcher le pilote d’avoir la visibilité nécessaire pour atterrir. Nous après analyse, on a vu que c’est pour attenter à la vie notre candidat. Parce que si le pilote avait forcé, peut-être qu’il y aurait eu crash. N’oubliez pas qu’il avait deux hélicoptères sur la piste. Le ministre a dit que ces hélicoptères étaient sur les aires de stationnement. Non ! Si le pilote ne voit pas et qu’il doit quand même atterrir, qu’est-ce qui prouve qu’il ne va pas se retrouver  sur ces aires ? Est-ce qu’il y a une séparation nette entre la piste et l’aire de stationnement ? C’est faux, il n’y a rien.  

Voulez-vous dire qu’il n’ y a jamais été question d’une quelconque condition météorologique comme le dit bien le ministre Sonon ?
D’abord, moi je ne suis pas un spécialiste pour savoir ce qu’il appelle météorologie. Mais, ce qu’il on fait là, ce n’est pas de la météo. Ce sont des gens qui ont fait sciemment la poussière pour empêcher l’avion d’atterrir. Pour tromper la vigilance du pilote. Mais heureusement, on avait certainement un  pilote très compétent qui n’avait pas voulu prendre des risques pour tuer l’espoir du Bénin qu’est Abdoulaye Bio Tchané. Et je pense que c’est l’objectif du pouvoir en place d’attenter à la vie de Bio Tchané. Sinon, rien ne justifie tous ces bruits, mouvements à l’aéroport de Parakou. Pourquoi ils ont amené les deux autres hélicoptères ? Pourquoi le pick-up des sapeurs pompiers ne faisait que faire des tours sur la piste d’atterrissage? C’est tout simplement pour occasionner beaucoup de poussière. Ils se sont arrangés pour qu’il y ait un maximum de poussière autour de la piste. Sinon, pourquoi vers 16h, quand le président Bio Tchané et sa suite ont décidé de ne plus atterrir, puisqu’ils étaient déjà rentrés sur Cotonou,  on a pu observer que les véhicules et hélicoptères ont commencé à partir les uns après les autres ?

Le ministre Sonon a déclaré que les deux hélicoptères n’étaient pas sur la piste d’atterrissage. N’est-ce pas vrai ?
Moi, je ne veux pas savoir. Qu’est-ce qu’il appelle piste d’atterrissage, qu’est-ce qu’il appelle aire de stationnement des avions ?  On dit que le pilote ne voit pas. S’il ne voit pas, alors qu’il n’y a pas séparation entre piste d’atterrissage et aire de stationnement. Le ministre est dans son rôle. Il ne peut que défendre l’indéfendable. Le ministre Sonon est dans un gouvernement qui a choisi la pensée unique.  Il ne peut que dire ce qu’il a dit- là. Vous avez vu son intervention après le crash de l’hélicoptère occasionné par Lionel Zinsou. Il est parfaitement dans son rôle. Moi je ne veux pas parler du ministre. Peut-être que si j’étais à sa place et que je tenais à rester au gouvernement, j’allais dire la même chose. Vous savez que dans le gouvernement Yayi, la vérité est une denrée rare.