La Nouvelle Tribune

Bénin : les magistrats alertent sur un passage en force de la CENA

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La Commission électorale nationale autonome (CENA) tente un passage en force en ce qui concerne le sujet relatif aux coordonnateurs d’arrondissement. La structure chargée de l’organisation des élections au Bénin, tenterait, à en croire Michel Adjaka, président de l’Union nationale des magistrats du Bénin (UNAMAB), de valider la liste à polémique des coordonnateurs d’arrondissement.

Ceci, en dépit des recours avec effet suspensif introduits auprès de la Cour constitutionnelle par des magistrats pour violation du code électoral. Selon le magistrat Adjaka, Emmanuel Tiando, le président de la CENA, et ses collègues de la commission électorale s’apprêteraient à faire former les coordonnateurs d’arrondissement à compter du 26 février prochain.

Dans un post intitulé ‘’Halte au passage en force de la CENA’’, le président de l’Union des magistrats dénonce le forcing de la commission électorale et invite par la même occasion les magistrats-coordonnateurs à boycotter la formation projetée. « Pour éviter d’être complice d’une mascarade électorale et surtout prouver à la CENA l'attachement de la magistrature béninoise à la dignité et à la légalité, j’invite tout magistrat-coordonnateur d’arrondissement à s’abstenir, en attendant la décision de la cour constitutionnelle, de prendre part aux différentes formations projetées les 26, 27 et 28 février 2016 par la CENA », a en effet écrit sur sa page facebook Michel Adjaka.

Il faut rappeler que la nomination des 546 coordonnateurs d’arrondissement rendue publique lundi dernier fait polémique. Le processus de nomination, à en croire les magistrats, n’aurait pas respecté les textes de la République, notamment le code électoral. Selon le président de l’Union nationale des magistrats du Bénin (UNAMAB), Michel Adjaka, la procédure de nomination a violé l’alinéa 3 de l’article 28 du code électoral qui stipule que les coordonnateurs d’arrondissement sont désignés prioritairement parmi les magistrats. En effet, à en croire Michel Adjaka, de nombreux magistrats candidats à la fonction de coordonnateur d’arrondissement ont été recalés au profit de personnes au profil non requis par la loi électorale.