La Nouvelle Tribune

Examen de la loi organique sur la Haac

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Les députés ajournent les débats (La Rb accusée de trahison)
Les débat  relatifs à l’examen du rapport de la proposition de loi modificative sur la Haute autorité de l’audiovisuelle et de la communication (Haac) ont été ajournés hier à l’Assemblée nationale à la demande du député Djibril Débourou de la Fcbe conformément aux dispositions de l’article 46 du règlement intérieur de l’institution parlementaire.
Ce dernier a évoqué comme argument qu’il y a un dialogue de sourds autour du sujet et que les différents groupes n’arrivent pas à trouver un consensus. Cette demande d’ajournement, il faut le préciser, est intervenu tout au début des débats sur l’article 11 du rapport. Puisque les députés ne s’entendaient pas sur la proposition faite par la commission, celle de supprimer le bout de phrase « autres que celles». Mais la commission des lois a suggéré le maintien de l’article dans sa forme actuelle. A en croire les explications des auteurs de la proposition de loi, en supprimant ce bout de phrase, on exclut les services de presse de l’Etat.

Cet argument a été soutenu par le député Georges Bada, Sacca Fikara et d’autres. D’avis contraire, le député Janvier Yahouédéhou affirmera qu’il ne s’agit pas de la gestion des structures existantes mais qu’il s’agit simplement de l’établissement et de l’exploitation des installations de la radiodiffusion et de télévision. Il a été soutenu dans sa logique par d’autres collègues tels que Chabi Sika Karimou, Ahinnou Thomas, Sagui Yotto Justin et Benoît Dègla. Le député Rachidi Gbadamassi est revenu à la charge pour expliquer que ses collègues d’en face ne devraient pas faire la confusion entre Etat et gouvernement et a évoqué les dispositions de la Constitution qui parlent de la séparation des pouvoirs.
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Pour Eric Houndété, le gouvernement doit laisser la Haac dans ses prérogatives constitutionnelles car c’est elle qui attribue les fréquences. Quant au député du G13 Bako Arifari, en évoquant l’article 24 de la Constitution, il déclare que la Haac est dépositaire du pouvoir régalien dévolu à la communication. Il sera soutenu par ses collègues tels que Sacca Fikara, Edayé Jean-Baptiste, Augustin Ahouanvoébla et Eric Houndété. En pleins débats et comme par surprise, le député Fcbe Djibril Débourou demandera une motion de procédure.

En évoquant les dispositions de l’article 46 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, il a demandé purement et simplement l’ajournement des débats pour défaut d’entente sur la question. D’avis contraire, le député Force Clé Eric Houndété dira qu’il n’y a jamais de dialogue de sourd ssur la question. C’est ainsi que le président Mathurin Nago a soumis cette demande aux voix. 47 députés ont voté pour l’ajournement des débats et 35 députés se sont opposés et 0 abstention. Ce vote, il faut le noter, a étonné plus d’un au sein de l’hémicycle puisque la majorité qui existait depuis toujours dans l’hémicycle a basculé hier de camp.

Tous les députés de la Renaissance du Bénin ( RB), même la présidente Rosine Soglo ont voté pour l’ajournement contre la volonté de leurs collègues de l’opposition non déclarée. Donnant ainsi leur aval à la vision du gouvernement et des députés de la Fcbe qui ont toujours lutté depuis le début de cet examen de la loi organique pour qu’elle soit maintenue en l’état. Visiblement un soutien de taille que le chef de l’Etat Boni Yayi vient de recevoir de la part des députés de la RB.
Ismail Kèko


Yayi reprend la  majorité à l’Assemblée
Comme on pouvait le penser depuis le vote du budget 2009, le parti la Renaissance du Bénin(Rb) a franchi le rubicond en rejoignant la mouvance. Elle vient d’en donner la preuve hier à l’hémicycle. Lors des débats sur la loi organique de la Haute autorité de l’audio visuel et de la communication (Haac), et devant la difficulté de pouvoir départager les différentes positions qui s’affrontaient depuis des jours, une motion intervient pour proposer l’ajournement du dossier.

Un renvoi sine die qui était censé faire  l’affaire du gouvernement, vu que la proposition de modifier la présente loi organique était venue du camp adverse. Ladite motion soumise au vote a affiché une majorité en faveur du pouvoir, grâce bien sûr au ralliement des députés de la Rb. A moins d’une reculade ou d’un changement d’avis, le revirement de la Rb sonne le glas de l’ex-opposition parlementaire qui a pourtant réussi à donner du fil à retordre au régime en place. Cette nuance  s’impose au regard de  l’attitude politique des « Houézèhoué ». En effet,   jusque là aucune déclaration officielle du parti de Rosine Soglo n’est intervenue pour clarifier ou situer l’opinion sur les raisons de ce changement de camp ou les tenants et les aboutissants du revirement de ses députés.

L’opposition non déclarée se trouve alors du coup fragilisée. La première victime de ce changement de donne reste le G4, coalition politique dont la R b était membre, aux côtés du Prd de Me Adrien Houngbédji, le Psd de Bruno Amoussou et du Madep de Séfou Fagbohoun. Ce G4 formait avec Force clé de Lazard Sèhouéto et du G13 désormais diminué que, conduit par Issa Salifou, un grand ensemble à travers lequel on voyait se former l’opposition au pouvoir du changement.

Désormais, les piliers de « la concertation des forces politiques » sont affaiblis, laissant planer l’effondrement  probable de tout l’édifice, si ses ténors restants n’y prennent garde. Au sein du G4 deux cas posent problème : outre celui de la  Rb, il y a le Madep qui avait envoyé deux ministres dans le gouvernement, dont un député et le secrétaire général du parti. L’absence de sanction à l’encontre de ces derniers a tôt fait de convaincre l’opinion que le président du parti est assis entre deux chaises. L’autre pilier du grand rassemblement qui s’essouffle c’est bien le G13. Deux de ses membres l’ont quitté pour rejoindre le pouvoir, pendant que d’autres seraient déjà sur la liste des partants.

Mais la défection la plus spectaculaire au sein de la coalition est celle de la Rb. Curieusement, à l’origine de ce revirement se trouve la présidente du parti, Rosine Soglo. Telle une remise en cause des engagements politiques de son parti, via son mari, le président-maire, Nicéphore Soglo, l’ex-première dame, de retour de son lit d’hôpital crée l’évènement et se présente en défenseur du budget 2009 du gouvernement. Mettant ainsi à l’eau tout le plan de l’opposition qui espérait utiliser cette occasion rêvée pour faire chanter à nouveau le pouvoir. De ce fait, on en conclut que le couple Soglo n’épouse pas les mêmes vues par rapport au G4 et consorts.
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En somme, il s’avère donc que  le chef de l’Etat est en train de  réussir à fragiliser l’opposition qui se croyait irréversiblement soudée au sortir du séminaire de Bohicon. La corde raide sur laquelle Boni  yayi a joué a été Rosine Soglo, dont le séjour sanitaire en Afrique du Sud a été l’objet de la plus grande attention de la part du gouvernement. Et les Fcbe pourraient de nouveau dicter leur loi au sein de l’hémicycle.

Alain C. Assogba